île de la
REUNION

medecinssousleaudelareunion.org

accueil > documentation > conseils aux plongeurs > chikungunya et pratique sportive

CHIKUNGUNYA ET PRATIQUE SPORTIVE

Médicalement on connaît peu de choses sur le chikungunya, mais deux points doivent interpeller les sportifs.

La fièvre et le risque de mort subite :

Un grand principe : il est toujours contre-indiqué de pratiquer une activité physique quand on fait de la fièvre. Plusieurs sportifs même jeunes décèdent chaque année d’avoir pratiqué des activités physiques en état fébrile. Évidemment ces décès ne sont pas médiatisés. Il n’y a aucune raison de penser que le chikungunya ne soit pas responsable de ces accidents par le même mécanisme. Car il y a de la fièvre dans un contexte viral également.

La raison en est une myocardite. C’est une inflammation aiguë du myocarde  (paroi musculaire du coeur qui est irriguée par les coronaires). Elle peut provoquer des morts subites par troubles du rythme ventriculaire, le ventricule fonctionnant de façon anarchique : le risque est aggravé en période repos (sommeil ou sieste par exemple). Les contractions du ventricule ne sont plus efficaces et la pompe cardiaque ne fonctionne plus. C’est l’arrêt cardiaque et respiratoire.

L’inflammation des articulations et ses conséquences :

            Il est déraisonnable de penser que l’on puisse avoir des activités physiques en ayant mal. Toute douleur doit être respectée comme toujours. Dans le cas précis, l’articulation souffre de l’attaque du virus et réagit par des phénomènes de défense qui s’appellent inflammation. Celle-ci, naturelle et bénéfique,  se traduit par différents phénomènes et notamment du gonflement. Malheureusement ce gonflement est un œdème, infiltration d’eau qui est douloureuse car elle distend les tissus. Mais en même temps elle nous dit de faire attention et d’éviter de bouger. Il donc inutile d’ajouter des contraintes mécaniques à l’attaque du virus. Méfions-nous des anti-inflammatoires qui nous cachent ce qui se passe à l’intérieur et ralentissent la guérison.

Les anti-inflammatoires sont contre-indiqués pour le sport non seulement parce que ce sont des cache-misère mais aussi parce qu’ils empêchent le corps de recevoir ses alertes. On a vu plusieurs personnes victimes d’insuffisance rénale après pris un anti-inflammatoire pour le sport, le rein ne pouvant réagir correctement à la déshydratation. Il a même fallu en dialyser certains (rein artificiel).

                                                                                                    Dr Laschet
                                                                                            Président de la Commission Médicale

mise en ligne : 26/2/2006