ARESUB

 

BILAN DE L’HYPERBARIE A L’ILE MAURICE FIN 1999

 

Extrait de : « L’oxygénothérapie hyperbare à l’Île Maurice : historique, bilan et perspectives d’avenir », mémoire pour le D.I.U. de Médecine Subaquatique et Hyperbare

Dr JUHOOR Safar

15 février 2000

 

 

Durant ces dix dernières années (1988-1999) le caisson de Vacoas a pris en charge :

-         Une cinquantaine d’accidents de décompression de la plongée sous-marine,

-         1 cas du surdité brusque,

-         1 cas d’intoxication au monoxyde de carbone.

 

 

LE CAISSON

 

 

1988 : Installation d’un caisson de chantier.

La chambre de recompression a été offerte en 1988 au gouvernement mauricien qui choisit de l’installer à Vacoas, ville centrale, située à 400 m d’altitude à 1 heure maximum des plages les plus éloignées, dans l’enceinte militaire de la Special Mobile Force (SMF). Il s’agit d’un petit caisson à air comprimé de marque DORIS (1983 ?), mis en service en mai 1988 avec l’aide d’un médecin français, pouvant traiter une personne allongée de taille inférieure à 1,80 m avec un accompagnateur assis, disposant d’un sas de communication, de petits hublots de visualisation et d’un sas à médicaments. Il est situé hors d’une infrastructure hospitalière et ne prend en charge que les urgences type accident de plongée. A cette époque il n’y avait aucun médecin hyperbare à Maurice.

 

La maintenance du caisson est assurée par les techniciens et les plongeurs de la SMEF. Ils ont reçu une petite formation par un technicien de la COMEX récemment. Le caisson a toujours été opérationnel pendant ces dix années, mis à part en 1998, où il a fallu évacuer un accidenté sur la Réunion, le caisson étant hors service après une réépreuve.

 

L’évacuation des accidentés vers le caisson :

Un héliport est situé à proximité du caisson mais n’a été que rarement utilisé pour le transport des accidentés vu les très courtes distances à parcourir. Avant l’arrivée du SAMU en 1997, c’était principalement les véhicules individuels qui assuraient le transfert vers le caisson.

 

LES MEDECINS

 

-                                 les médecins hyperbares : Avant 1991, l’île Maurice, ne disposait d’aucun spécialiste en médecine hyperbare. Ce fut par liaison téléphonique avec les médecins hyperbares de la Réunion, ou les médecins de passage sur l’île, que les protocoles de traitement étaient donnés et les accidentés pris en charge. Depuis 1991, les trois médecins hyperbare mauriciens ont assuré la prise en charge des accidentés  en urgence, ceci bénévolement et sans structure d’astreinte ou de garde en place. Ils ne peuvent hélas disposer d’examens complémentaires (radiographie, ECG, examens sanguins) puisque le caisson de Vacoas est en dehors de toute structure hospitalière. D’un point de vue plus général, le personnel hospitalier de l’Ile Maurice n’est pas formé pour prendre en charge les cas d’accidents de plongée. Toutefois, après leur traitement hyperbare, certains accidentés ont été transféré dans des cliniques ou hôpitaux pour la poursuite de leur traitement.

-                                 Les médecins du SAMU : A l’heure actuelle, deux médecins du SAMU seulement ont suivi l’enseignement de médecine hyperbare. Le SAMU d’installation récente, n’est pas encore systématiquement appelé en cas d’accident de plongée.

 

LA PLONGÉE À MAURICE

 

Il y a environ une cinquantaine de centres de plongée-loisir en activité à Maurice dont 36 sont enregistrés à la MSDA, fédération nationale, 5 affiliés à d’autres associations et une dizaine non reconnus.

Les centres de plongée sont tenus par des moniteurs de plongée qualifiés, disposent de matériel de qualité et d’équipement régulièrement contrôlés. L’oxygène est disponible dans tous les centres de plongée MSDA. Les moniteurs de plongée sont particulièrement sensibilisés à la prise en charge des accidents de plongée. Dans les centres MSDA, un formulaire médical doit être rempli par tout nouveau plongeur ne possédant pas de certificat de non contre-indication à la pratique de la plongée sous-marine et au besoin un examen médical sera demandé. A la moindre suspicion d’accident de plongée, ils mettent en route immédiatement le protocole préconisé par la MSDA : oxygène pur au masque à un débit maximum, réhydratation par de l’eau plate et 250 mg d’Aspirine. L’accidenté est ensuite évacué vers le caisson sous oxygène, caisson prévenu par téléphone (68610111). Depuis ces deux dernières années, c’est le SAMU (nº d’appel 114) qui assure souvent le transfert du malade vers le caisson, le problème majeur étant d’avoir un médecin hyperbare sur place.

 

BILAN DES ACCIDENTS DE DÉCOMPRESSION PRIS EN CHARGE AU CAISSON DE VACOAS

 

Seulement 25 dossiers exploitables (soit 50% des accidentés pris en charge et qui concernent en très grande majorité des touristes ; on dénombre :

-         13 accidents neurologiques dont 11 accidents médullaires et 2 accidents vestibulaires et

-         12 accidents  arthro-musculaires.

Le délai de prise en charge par OHB a été inférieur à 6 heures pour la plupart des cas. Cependant 3 cas d’accidents médullaires sont arrivés au caisson après 24 heures. (L’un d’eux venant de l’Ile Rodrigues située à 560 km de Maurice).

 

Sur le plan prise en charge OHB

-         Les accidents arthro-musculaires ont été re-comprimés en utilisant la table thérapeutique COMEX 12 en une ou plusieurs séances.

-         Les accidents neurologiques ont été traités par la table COMEX 18 & COMEX 12.

Un cas d’accident médullaire a été rapatrié à la Réunion début 98 lorsque le caisson de Vacoas était hors service après une ré-épreuve.

 

 

Date de mise en ligne : 29 mars 2001

 

ASSOCIATION REUNIONNAISE DE MEDECINE SUBAQUATIQUE ET HYPERBARE

Siège social : Groupe Hospitalier Sud Réunion, BP 350, 97448 Saint-Pierre cedex, Ile de la Réunion

http://www.aresub.org

 

retour en haut de la page

retour au sommaire de la médecine hyperbare

retour au sommaire général (page d’accueil ARESUB)