ARESUB

L'UNITE DE SOINS HYPERBARES
DU GROUPE HOSPITALIER SUD REUNION

Dr J.D. HARMS

3/9/2003

plan :

  1. évaluation des projets 1996-2001

  2. présentation de l'Unité de Soins Hyperbares

  3. bilan d'activité 2000

  4. fonctionnement de l'Unité de Soins Hyperbares

  5. bilan d'activité 2002

  6. projet d'un second caisson hyperbare

Le Groupe Hospitalier Sud Réunion est équipé d’un caisson hyperbare depuis 1982 et s’est doté d’une Unité de Soins Hyperbares (caisson médical + personnel paramédical et médical) depuis 1997. Nous retraçons par ailleurs l’historique de l’hyperbarie à la Réunion.

I - EVALUATION DES PROJETS 1996-2001 :

II - PRESENTATION DE L'UNITE DE SOINS HYPERBARES :

L'Unité de Soins Hyperbares est sous la responsabilité du Dr J.D. Harms.

Le caisson hyperbare a été installé en septembre 1996, en remplacement du vieux caisson de chantier qui servait depuis 1982. Mais ce n’est qu’en novembre 1997 que le personnel paramédical nécessaire au fonctionnement d’une unité de médecine hyperbare a été affecté et ceci a permis l’explosion de l’activité.

Actuellement l’activité est soutenue avec environ 2700 séances équivalent-monoplace/an.

Beaucoup de patients sont pris en charge pour des pathologies chroniques et beaucoup viennent en externe. La pathologie la plus représentée est liée au diabète.

Une importante activité de soins infirmiers (pansements) a été développée avec plus de 700 pansements par an ainsi qu’un développement des mesures des pressions d’oxygène transcutanées en air ambiant, sous oxygène et en hyperbarie.

Le recrutement de cette unité est régional et une permanence est assurée 24h/24 pour les urgences.

Les personnels paramédicaux affectés à cette unité ont la qualification d’hyperbaristes médicaux Classe II – Mention C.

Nombre de séances réalisées :

III - BILAN D'ACTIVITE 2000 DU CAISSON HYPERBARE DU G.H.S.R. :

L’activité du caisson hyperbare du GHSR en 2000 a été de 2654 séances équivalent-monoplace.

Ceci a nécessité 610 séances de compression de la chambre et 1130 heures de compression.

La moyenne est de 4,35 malades par séance (pour rappel, le caisson contient 6 places assises).

Les séances se sont réparties entre :

Les jours ouvrables, 2,2 séances de compression de la chambre ont été réalisées en moyenne avec 10,62 patients en moyenne.

Pendant la garde de nuit, dimanche et jours fériés : 54 séances ont été réalisées.

Le recrutement selon les services :

A cette activité, il faut ajouter une activité de pansements : 656 en 2000. Il s’agit de patients traités en externe au caisson, mais aussi de patients qui reviennent exclusivement pour des soins infirmiers bien que n’ayant plus ou n’ayant jamais eu d’oxygénothérapie hyperbare.

IV - FONCTIONNEMENT DE L'UNITE DE SOINS HYPERBARES :

Le personnel médical :
Les médecins du service Urgences/SMUR/Porte/Hyperbarie y participent tous au niveau praticien hospitalier : sur le tableau de service, il y a toujours un médecin affecté à l’hyperbarie, disponible à tout moment.

Deux vacataires apportent leur aide le mardi et jeudi matin.

Le personnel paramédical comprend 2 infirmiers et une aide-soignante affectés à temps plein au service, ce qui donne un effectif permanent de 2 agents tout au long de l’année, avec prise en compte des congés, de la RTT et des récupérations de dépassements d’horaires. Ces agents assurent une permanence pour les urgences sous forme d’astreinte, qui permet aussi la réalisation de séances le samedi matin lorsque la nécessité existe.

Le cadre infirmier responsable est celui du service des Urgences.

Une secrétaire partage son activité avec le service des Urgences.

L’activité régulière se déroule entre 8 h et 16 h.

Une permanence est assurée 24h/24 avec un médecin et un personnel paramédical (ceux du service auxquels s'ajoutent d’autres agents qui ont été formés).

Tous les médecins sont diplômés en hyperbarie.

Les personnels paramédicaux ont la classification d’hyperbaristes médicaux.

Tous ces personnels sont suivis en médecine du travail selon la réglementation du travail en milieu hyperbare.

Tous les patients traités ont une consultation d’hyperbarie avant, faite par un médecin hyperbare et qui seule ouvre la porte à la thérapeutique hyperbare.

Un suivi régulier permet de contrôler l’évolution et de décider la poursuite ou non de l’OHB.

Pour chaque patient, un dossier médical est ouvert avec la consultation pré-hyperbarie, l’historique des séances, les pansements, la documentation iconographique (photos), les incidents, les courriers, etc.

Toute l’activité est répertoriée sur un programme informatique, qui est récupéré par le DIM de l’établissement. Le médecin du DIM a élaboré en 2002 un programme spécifique pour le recueil de l’activité de l’hyperbarie sur programme ACCESS, qui est donc expérimenté à partir de 2002.

Nous avons développé une activité de pansements importante, notamment dans le cadre du traitement des lésions du pied diabétique : en effet, nous avons tendance à essayer de cesser l’OHB dès que possible et de terminer les soins par l’utilisation de pansements de type hydrogels, hydrocolloïdes et hydrocellulaires. Ces pansements sont souvent trop complexes ou trop longs pour être réalisés par les infirmiers libéraux.

Nous nous heurtons à la difficulté de prise en charge en OHB des patients « lourds » ou des urgences, qui nous obligent à bouleverser la programmation, voire à annuler des séances pour les patients « chroniques », situation préjudiciable et gênante vis à vis des patients externes. Or certaines pathologies (accidents de plongée, gangrènes gazeuses,...) nécessitent 3 séances dans les 24 premières heures, impératif incompatible avec une activité de chroniques.

Enfin, en 2002, nous avons reçu un équipement permettant la mesure de Pressions transcutanées d’Oxygène et le doppler transcutané : ces investigations sont très utiles à la fois pour guider la thérapeutique hyperbare, mais aussi dans l’investigation hors OHB des patients diabétiques ou vasculaires, ainsi que pour guider les indications d’interventions chirurgicales d’amputations : les mesures demandent du temps et nous commençons maintenant à maîtriser les problèmes techniques de ces investigations et allons pouvoir passer à un développement de cet examen dans le cadre de l’OHB et en dehors de celui-ci.

V - BILAN D'ACTIVITE 2002 :

 

répartition en nombre de compressions par jour
nombre de
compressions
 par jour
nombre
de jours
nombre de
compressions
1 69 69
2 139 278
3 79 237
4 6 24
  total 608

 

REPARTITION DES SEANCES PAR ORIGINE

Externes 1027
CHGM Saint-Paul 171
Clinique Durieux 2
Clinique Jeanne d'Arc 4
Médecine du Travail 11
H.A.D. 33

TOTAL EXTERNES

1248
Chirurgie III 349
Chirurgie Orthopédique 326
O.R.L. 216
Diabétologie 204
Service Porte 46
Neurochirurgie 45
Neurologie 25
Gynécologie 17
Chirurgie Infantile 12
Gastro-Entérologie 8
Pédiatrie Grands Enfants 8
Médecine Saint-Louis 7
Rééducation Fonctionnelle 7
Réanimation neurochirurgicale 7
Cardiologie 6
Réanimation polyvalente 5
Hôpital de jour Endocrino 4
TOTAL G.H.S.R. 1292
TOTAL GENERAL 2540

 

VI - PROJET D'UN SECOND CAISSON HYPERBARE :

Un second caisson hyperbare, pourquoi faire ? Le GHSR s’est engagé dans une restructuration des Urgences/Porte/SMUR/Réanimation/Hyperbarie : le projet TURBO. La conception architecturale impose le déplacement du caisson hyperbare ; il a paru opportun de prévoir dans ce projet une Unité de Soins Hyperbares comprenant deux caissons.

Les arguments sont multiples :

1°) L’activité du caisson est importante : il suffit de la comparer avec celle d’autres centres (le CHU de REIMS, équipé en 1996 d’un caisson identique au nôtre, effectue environ 350 séances équivalent monoplace/an). Une activité d’OHB chez des patients « chroniques » s’est développée et continue à augmenter avec notamment la prise en charge des complications du diabète dans un département où la prévalence de cette affection est très supérieure à la métropole (enquête REDIA / INSERM).
Or, la prise en charge des urgences pose problème lorsque la structure fonctionne déjà quasiment à saturation : l’urgence impose d’annuler ou de décaler les séances programmées, avec les désagréments notamment pour les patients externes venant de loin parfois. De plus, nous traitons beaucoup de diabétiques insulinodépendants pour lesquels la programmation des séances d’OHB tient compte des nécessités de diététique et d’horaires d’injections d’insuline ; et la désorganisation engendrée par la déprogrammation des séances est très préjudiciable au patient.
A titre d’exemple, le lundi 12 août 2002 en matinée, nous avons eu à traiter en urgence deux intoxications au monoxyde de carbone, alors que nous avions trois séances programmées (ce qui occupe le caisson de 8h à 16h) : il a fallu annuler certains patients ; d’autres qui venaient du Centre Hospitalier Gabriel Martin de Saint- Paul, ont dû attendre deux heures sur un brancard.

Un second caisson nous permettrait de mieux gérer les urgences sans perturber l’activité de prise en charge des « chroniques ».

2°) Actuellement, nous avons une population traitée composée de patients présentant des infections sévères, souvent à germes hospitaliers multirésistants (lésions du pied diabétiques, gangrènes gazeuses ou autres, ostéites,…) et aussi de patients pour lesquels le risque septique est majeur (traumatismes des membres avec plaies et fractures ouvertes, retards de cicatrisation post-opératoires, greffes et lambeaux cutanés, …) : la cohabitation de ces deux types de patients est à éviter à cause du risque de contamination croisée.
Un second caisson nous permettrait une meilleure gestion des patients en évitant la cohabitation de patients septiques et de patients qui risquent d’être contaminés.

3°) Nous traitons des patients de réanimation, avec l’environnement médical que cela comporte.
Un second caisson serait en permanence équipé réanimation et nous permettrait la prise en charge de patients relevant de soins continus sans problème, alors qu’actuellement nous ne pouvons le faire qu’en immobilisant le caisson .

4°) Nous essayons de développer les mesures des Pressions Transcutanées d’Oxygène (ptcO2), utiles chez les patients diabétiques ou artéritiques pour évaluer de façon prédictive la pertinence des séances d’OHB ; mais aussi, en dehors de l’OHB, pour évaluer les lésions microcirculatoires des diabétiques, pour aider les chirurgiens à déterminer le niveau optimum d’amputation, etc.
Un second caisson permettrait de laisser l’appareillage des ptcO2 en permanence et de faire les mesures spécifiquement en air, oxygène normobare et oxygène hyperbare avec paliers aux différentes pressions, ce qui est impossible au cours de séances thérapeutiques.

5°) Nous avions prévu initialement de neutraliser notre activité une fois par mois pour faire la grande « toilette » et désinfection du caisson : notre activité actuelle ne nous permet pas de décontaminer régulièrement le caisson comme nous le devrions.
Un second caisson nous permettrait de procéder chaque semaine à une décontamination complète en complément des décontaminations effectuées après chaque séance.

6°) Enfin, dans le projet TURBO, il est prévu le déplacement du caisson dans de nouveaux locaux : ceci impose une période de neutralisation de l’activité d’environ un mois : une semaine de "débranchement" du caisson, une semaine pour le sortir du local actuel et le transférer dans les nouveaux locaux et deux semaines d’installation. Le caisson étant le seul de l’Ile de la Réunion et même de la zone Sud de l’Océan Indien, il est impossible de ne pas pouvoir disposer de cette thérapeutique pour le traitement des urgences.
Nous avions passé, les années précédentes, une convention avec la Marine Nationale afin d’utiliser la caisson du navire-atelier « La Garonne » pendant les périodes de la révision annuelle de notre caisson (effectuées par un technicien COMEX et organisées de telles façon que le caisson peut à tout moment être opérationnel en une heure de temps maximum) : il s‘avère que le caisson de « La Garonne », qui est un petit biplace, ne peut permettre de traiter que des patients de faible gravité et ne permet pas la prise en charge d’un patient lourd ; de plus les règlements de la Marine Nationale ne permettent de réaliser que quelques tables de recompression et, surtout, interdisent l’utilisation de ce caisson en dehors du traitement des accidents de plongée.
Il faudra donc, pour la réalisation de l’opération TURBO, avoir un second caisson disponible, installé et opérationnel avant le démontage du caisson actuel. Il peut s’agir d’une location, mais le coût d’une telle opération représente déjà une partie du prix d’achat d’un second caisson.
Et la solution de location serait d’autant plus illogique que notre caisson actuel doit être révisé en 2006 et que la même problématique se poserait à nouveau.

Un second caisson permettrait donc la réalisation de l’opération TURBO sans avoir à envisager des solutions coûteuse « à fonds perdus » pour permettre la continuité de la prise en charge des urgences.

En conclusion, la demande d’un second caisson au G.H.S.R. correspond  au désir de poursuivre le développement de la thérapeutique hyperbare avec un objectif de qualité et en saisissant l’opportunité du projet TURBO pour disposer d’un équipement correspondant à l’activité de médecine hyperbare qui s’est rapidement développée. Il ne s’agit nullement de faire un second service, mais de se donner les moyens, dans un projet architectural nouveau, de disposer d’un outil performant et correspondant à nos besoins dans la mesure où l’activité importante qui s’est développée (plus que nous le prévoyions) n’est actuellement plus réalisable avec des critères de qualité, tant de prise en charge que du point de vue hygiène, avec un seul caisson. De plus, on peut envisager de répondre à une poursuite d’augmentation des demandes de prise en charge dans les années à venir.

Il s’agit donc d’un projet « technique » afin d’installer dans les nouveaux locaux TURBO une unité de soins hyperbares permettant à tout moment de répondre à l’urgence sans perturber le fonctionnement habituel ; l’équipe médicale et paramédicale actuelle permettra son utilisation et aura moins de difficultés à gérer l’activité ; le coût du nouveau caisson est à considérer comme étant en partie amorti par l’économie sur la location d’une enceinte hyperbare thérapeutique pour la réalisation de l’opération TURBO et ultérieurement pour la réépreuve du COMEX 2200 actuel en 2006.

visa comité lecture : 17/9/2003
date de mise en ligne : 17/9/2003


ASSOCIATION RÉUNIONNAISE DE MÉDECINE SUBAQUATIQUE ET HYPERBARE
Siège social : Groupe Hospitalier Sud Réunion, BP 350, 97448 Saint-Pierre cedex, Île de la Réunion

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