ARESUB

 

LES ACCIDENTS DE PLONGEE TRAITES AU CENTRE HOSPITALIER SUD REUNION EN 1999

Dr J.D. HARMS

Dr N. CAREL

Réunion ARESUB 25 mai 2000

 

 

Nous avons fait le bilan des accidents de plongée traités au Centre Hospitalier Sud Réunion (CHSR) au cours de l’année 1999.

Nous rappelons qu’à la Réunion le seul service de Médecine Hyperbare est au CHSR, et que au niveau de la structure SAMU/Centre15/SMUR tous les accidents de plongée sont dirigés sur le CHSR avec une prise en charge protocolisée pour les 4 SMUR de l’île.

 

 

1°) BILAN GLOBAL:

 

30 accidents de plongée ont été traités en 1999.

Ils concernent 29 personnes, puisqu’il y a eu 1 récidiviste.

L’âge moyen est de 37 ans (de 21 à 60 ans).

La taille moyenne est de 173 cm.

Le poids moyen est de 71 kg (de 46 à 110 kg).

La répartition se fait entre 20 hommes et 9 femmes.

 

 

2°) BILAN TECHNIQUE :

 

Profondeur moyenne : 39 m

Durée moyenne : 27 min  (de 10m / 15min à 56m / 60min et 75m / 22min)

Licenciés : 20 /29  ;  non licenciés : 9/29

Plongée en club : 21/30 ; plongée hors club : 9/30

Nombre de clubs concernés : 12  (de 1 à 4 accidents)

 

 

3°)NIVEAU DES ACCIDENTES :

 

Niveaux :

Nombre

BEES 1

3

M F 1

1

Dive Master PADI

1

IV initiateur

1

IV

4

III

3

II

6

I

2

Aucun niveau officiel

8

Total accidentés

29

 

 

4°) LES LIEUX DE PLONGEE :

 

 

Zone de plongée

Nombre d’accidents

Saint-Gilles

10

Saint-Leu

9

Sainte-Rose

3

Saint-Pierre

2

Etang-Salé

2

Saint-Paul

1

Saint-Philippe

1

Mayotte

1

Madagascar(Tuléar)

1

Total

30

 

 

5°) UTILISATION DE L’ORDINATEUR:

 

12 fois sur 30

(les accidentés ont prétendu avoir respecté les indications de l’ordinateur)

 

 

6°) LA PRISE EN CHARGE MEDICALE :

 

L’Aspirine : elle a été donnée 22 fois sur 30 ;

 

L’Oxygène : il a été administré pendant la phase précoce pré-hospitalière 21 fois / 30

(c’est à dire sur le bateau, au club ou à quai par les pompiers…)

 

Le SMUR (Service Mobile d’Urgence Réanimation) est intervenu 20 fois sur 30

 

L’Oxygénothérapie Hyperbare a été utilisée chez 23 accidentés sur 30

(de 1 à 40 séances ; 107 séances au total)

 

 

7°) LES TYPES D’ACCIDENTS DE PLONGEE :

 

Type d’accident

Nombre

Bends

3

Narcose à l’Azote

1

Barotraumatisme Oreille interne

3

Accident de décompression vestibulaire

1

Accident de décompression médullaire

7

Maladie de décompression

12

Accident de décompression cérébral central

1

Problème diagnostique ???

2

Nombre total d’accidents

30

 

 

8°) LES PROFILS DE PLONGEE :

 

Si on retient les accidents de décompression (accidents médullaires, vestibulaires, centraux, maladies de décompression et bends), on arrive à un total de 24 accidents.

 

                      La Profondeur moyenne est : 40,8  m

                      La Durée moyenne est : 29 min

 

On remarque sur ce graphique que seules 3 plongées sur 24 sont à l’intérieur de la courbe de sécurité, 7 sont proches de la courbe et 14 sont des plongées très saturantes.

 

 

9°) ANALYSE DES ACCIDENTS : LES PROCEDURES

 

Nous avons essayé de mettre en évidence les problèmes de procédures de plongée dans les accidents recensés en 1999. Nous en avons retrouvé dans 19 cas sur 30 :

-immersion pendant 90 min à 2 m avec intervalle de 5 heures après une plongée saturante ;

-incursion puis plongée à niveau inférieur avec extrapolation de paliers ;

-palier non fait (difficultés de stabilisation) ; préparation niveau I à 25 m ;

-paliers aléatoires ; palmage intensif (courant) : 2 fois ;

-paliers courts : 2 fois ;

-remontée rapide sur panne d’air ; pseudo-palier ;

-absence de palier après plongée saturante (a perdu ses coéquipiers) ;

-absence de palier après plongée saturante ;

-plongée à niveaux variables (pas de palier sur l’ordinateur ; 25 min avec MN90) ;

-plongée seul à 73 m ; réimmersion ;

-plongée yo-yo (préparation niveau II) ;

-plongée yo-yo ; 2e plongée consécutive brève sans palier ;

-procédure de «remontée sans palier» à mi-profondeur, sans palier fait ;

-pseudo palier, puis réimmersion à 30 m sans palier ;

-remontée rapide de 16m à 6m ;

-remontée rapide de 40m à 24m ;

-remontée sans palier sur panne d’air ; réimmersion.

 

Si on étudie les paliers faits lors des plongées et qu’on les compare aux paliers correspondants de la table MN90, on trouve :

           -paliers inférieurs aux tables MN90  : 16 fois ;

           -paliers conformes aux tables MN90 ou supérieurs  : 10 fois ;

           -plongées hors tables : 4 fois ;

(il faut remarquer que lors de plongées à niveau variable, les paliers aux tables MN90 sont supérieurs aux paliers indiqués par l’ordinateur du plongeur dont les indications ont été respectées)

 

10°) ANALYSE DES ACCIDENTS : LES FACTEURS FAVORISANTS

 

Nous avons recherché les facteurs qui ont pu favoriser la survenue de l’accident ;

nous en avons retrouvé dans 24 cas sur 30 :

-âge, plongées quotidiennes sur période prolongée ;

-série de plongées depuis 10 jours, nuit blanche l’avant-veille ;

-nuit courte, alcoolisation, stress ;

-alcoolisation la veille ;

-alcool, efforts avant, fatigue, altitude après ;

-altitude après : 2 fois ( 250m et 500m) ;

-activité de braconnage (7 fois), autodidactes ; 1 récidiviste dans cette série ;

-efforts sportifs intenses la veille (2 fois dont 1 tournoi de squash) ;

-forte houle : paliers peu stables ;

-froid, stress, consommation d’air importante ;

-sujet enrhumé ;

-palmage en surface après la plongée ;

-préparation niveau IV :assistance, cumul de plongées, fatigue ;

-rupture de flexible H.P. ; Valsalva à la remontée ;

-allaitement, fatigue ;

-anémie post-opératoire (cœlioscopie 15 jours avant), hypocalcémie.

 

 

 

Voici donc une présentation rapide des accidents de plongée traités au Centre Hospitalier Sud Réunion, qui possède le seul service de Médecine Hyperbare de la Réunion et où sont pris en charge tous les accidents de plongée graves.

L’année 1999, avec 30 accidents a été une « mauvaise année », et ce, d’autant plus que plusieurs accidents médullaires ont gardé des séquelles (dont un des séquelles importantes).

Notre analyse a essayé de mettre en évidence tous les facteurs pour expliquer ces accidents, par une analyse médicale associée à une analyse des conditions de plongée : il faut cependant remarquer que l’accident le plus grave ayant laissé des séquelles définitives est survenu à faible profondeur et sans que l’on puisse trouver de faute de procédure ou de facteur favorisant….*

 

date de mise en ligne : 10/01/2001

 

ASSOCIATION REUNIONNAISE DE MEDECINE SUBAQUATIQUE ET HYPERBARE

Siège social : Groupe Hospitalier Sud Réunion, BP 350, 97448 Saint-Pierre cedex, Ile de la Réunion

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