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LES REQUINS BALEINES SONT-ILS INOFFENSIFS ?

 

« …Bien que les requins baleines soient généralement placides et considérés comme inoffensifs, quatre « attaques » de bateaux de pêche ont été enregistrées dans la zone Maurice-Seychelles. Un rapport raconte comment le requin se dirigea droit sur le bateau la gueule grande ouverte, heurta la poupe du bateau et le renversa. L’animal était vraisemblablement occupé se nourrir, ignorant la présence du bateau.
            ...
            L’anatomie digestive inhabituelle du requin baleine évoque l’histoire de Jonas. Il est facile d’imaginer que l’on puisse, par inadvertance, être aspiré dans la gueule d’un requin baleine, qui est énorme et « terminale », située à l’avant de la tête (la plupart des requins ont une gueule située en position basse et qui s’ouvre au dessous et en arrière du nez). Vous ne remarqueriez même pas les dents qui sont plus de 3.000 sur chaque mâchoire, parce qu’elles sont toute petites (moins d’un quart de pouce de long) et sont recouvertes d’un lambeau de peau. La bouche caverneuse, même d’un petit requin baleine adulte, pourrait aisément contenir deux Jonas à la fois.
   
         Vous ne resteriez pas longtemps dans la bouche, mais vous seriez précipité ou aspiré le long du pharynx, ou gorge, où circule l’eau vers les dix fentes branchiales. Contrairement à la gorge de tous les autres requins, ou des quelques 25.000 espèces de poissons, le haut et les côtés de la gorge du requin baleine forment une passoire géante et complexe, composée de cinq paires de lames branchiales, des grilles de cartilage. Elles sont recouvertes d’une matière poreuse foncée et dont les ouvertures ne font pas plus d’un dixième de pouce de diamètre. Les grilles forment un mur qui empêche un anchois de sortir par les fentes branchiales ; ne parlons pas d’un humain.
   
         Quand le requin ferme sa bouche, les lames branchiales descendent derrière la langue et pressent le liquide à travers la matière poreuse et dehors à travers les gigantesques fentes branchiales. Vous pourriez sentir les battements d’un énorme cœur à travers le plancher du pharynx alors que le fond de la gorge s’ouvre et que le krill concentré, les petits poissons –et vous-même– êtes emportés à travers l’œsophage dans cette salle de banquet immense et élastique qu’est l’estomac cardiaque (ou cardia).
   
         Vous ne pourriez pas nager à contre-courant, parce que toutes les 15 ou 20 secondes une autre cargaison de plancton est déversée dans l’estomac. Heureusement vous ne passerez pas non plus par l’issue postérieure. Elle est si petite que seul le chyme (liquid digested goop) peut passer à travers l’estomac pylorique (ou pylore) beaucoup plus petit et inélastique, qui conduit à l’intestin en un étroit « escalier » en spirale de 73 tours.
   
         Mais vous ne seriez pas nécessairement piégé dans l’estomac cardiaque. Les requins ont une méthode non-violente pour se débarrasser des grands objets à la digestibilité suspecte qu’ils avalent accidentellement. Par un procédé connu sous le nom d’« éversion gastrique », un requin peut vider lentement son estomac cardiaque en le retournant en doigt de gant et en l’expulsant par la bouche. Une fois que le contenu non désiré de l’estomac a été expulsé, l’estomac est remis en place. Ainsi, vous pourriez sortir en glissant sur un tapis couvert de mucus, affaibli mais probablement enrichi par cette expérience. … »
   
         (extrait d’un article paru en 1992 dans National Geographic : « Whale Sharks », by Eugenie Clark, photographs by David Doubilet, National Geographic, vol 182, n°6, december 1992, p 120-139. traduction : Frédéric Mauvisseau)

  

« Le requin pèlerin (Cetorhinus maximus) et le requin baleine (Rhiniodon typus) sont des géants de 9 m de long, pouvant même dépasser respectivement 12 et 18 m. Ce sont aussi les « montures »favorites des plongeurs. Se nourrissant par filtration de l’eau de mer, ces animaux sont équipés de dents minuscules. Généralement placides, ils ne se préoccupent guère de leur cavalier. La chevauchée n’est pourtant pas sans risques : comme chez tous les squales, la peau est couverte d’une couche protectrice de denticules dermiques. Ces derniers peuvent causer de douloureuses lacérations au plongeur mal équipé (manquant de gants ou de combinaison adéquate). En outre, un coup de queue est suffisamment puissant pour assommer ou tuer un être humain. »
            (extrait de : Les Requins, John D.Stevens, coll. Encyclopédie Visuelle, Bordas, Paris, 1987, pages 131-132)

date de mise en ligne : 11/ 04/2001


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