ARESUB

VISION DANS L'EAU :
MODIFICATIONS ET CORRECTIONS

Dr Valérie PONCIN

extrait de : "Le médecin du sport et l'oeil du plongeur", Mémoire de Capacité en Médecine du Sport
2001

Plan :

  1. rappels anatomo-physiologiques

  2. modifications de la vision dans l'eau

  3. correction de la vision dans l'eau

 

I - RAPPELS ANATOMO-PHYSIOLOGIQUES :

1 - Anatomie :

1-1- L’appareil visuel :

Il comprend :

Les annexes et le globe oculaire constituent un plan tissulaire mou, exposé aux risques extérieurs et  qui va subir directement les effets de la pression.

1-2- Le globe oculaire :

Il est constitué de :

La vision n’est rendue possible que grâce à la transparence de ces milieux ; tout obstacle entraîne un gène visuelle.

1-3- La rétine :

L’image formée sur la rétine impressionne les cellules visuelles ou photorécepteurs ; ceux-ci, par le biais de réactions chimiques, transforment l’énergie lumineuse en potentiels d’action véhiculant les informations visuelles jusqu’au cortex occipital.

            On distingue deux types de photorécepteurs :

            Ainsi, un bas niveau d’éclairement, ce qui est le cas habituel en plongée, ne stimule que les bâtonnets rétiniens, qui ne permettent qu’une vision peu performante.

2 - Notions d'optique :

Les rayons lumineux qui pénètrent dans l’œil, convergent, grâce aux propriétés optiques conjuguées de la cornée et du cristallin vers un foyer dit « image » focalisé en principe sur la rétine ; l’œil normal ou emmétrope, permet ainsi une vision nette pour une image située à l’infini, sans mise en jeu de l’accommodation.

Mais dans un bon nombre de cas, les images ne sont pas focalisées sur la rétine et leur perception cérébrale n’est pas nette. Leur reconnaissance sera utile au Médecin du Sport qui pourra juger de l’opportunité de proposer une correction en plongée.

            Différents cas peuvent se rencontrer :

            Tous ces défauts se corrigent aisément par des verres ou des lentilles de contact, leur puissance est exprimée en dioptries (inverse de la distance focale ou distance maximale vue nettement).

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II - MODIFICATIONS DE LA VISION DANS L'EAU :

            L’œil humain n’a pas été conçu pour la vie amphibie et l’adaptation de l’espèce ne nous permet pas une vision nette sous l’eau.
Notre adaptation va donc être essentiellement comportementale.

1 - La vision directe dans l'eau :

Nous avons tous pu constater que la vision directe dans l’eau était très mauvaise ; pourquoi ? L’immersion de la cornée a pour effet d’annuler son pouvoir de convergence, lié à sa convexité, car les indices de réfraction de l’eau et du tissu cornéen sont très proches (1,33). Un sujet normal se retrouve ainsi hypermétrope d’environ 42 dioptries, ce qui est considérable ; l’image se forme en arrière de la rétine et parvient au cortex complètement trouble.

La vision directe sous l’eau sera un peu moins altérée chez le myope et un peu plus encore chez le sujet déjà hypermétrope.

            Certaines espèces animales ont résolu ce problème crucial d’adaptation comme l’alligator qui possède une deuxième paupière qui corrige la vision sous l’eau, ou certains oiseaux marins porteurs de deux systèmes optiques : l’un, supérieur, lui permettant une vision aérienne, l’autre, inférieur, pour la vision sous-marine.

2 - Transmission de la lumière dans l'eau :

La lumière solaire n’est pas restituée ad integrum lors du passage sous la surface, mais elle subit des modifications.

2-1 La réflexion :

            5% environ des rayons incidents ne franchissent pas la surface et sont réfléchis vers le ciel.

2-2 La réfraction :

Dans un milieu homogène, la lumière se propage en ligne droite, à une certaine vitesse qui dépend de la nature du milieu. Le passage du rayon lumineux d’un milieu à l’autre provoque un changement de sa vitesse de propagation qui se traduit par un changement de direction, perçu par le plongeur comme une déformation des images : un bâton à demi immergé apparaît brisé quand on le regarde depuis la surface.

2-3 L’absorption :

Tous les rayons lumineux qui franchissent la surface ne parviennent pas en profondeur, nous connaissons bien le noir des abysses.

Ainsi :

2-4 La diffusion :

La turbidité de l’eau altère également la transmission de la lumière : les rayons incidents « s’entrechoquent » sur les particules en suspension, créant un effet de « phare dans le brouillard » qui réduit encore l’acuité visuelle du plongeur.

3 - La vision des couleurs :

            Elle est modifiée de deux manières :

            Un éclairage artificiel rétablit la perception des grandes longueurs d’onde.

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III - CORRECTION DE LA VISION DANS L'EAU :

1 - La correction par masque :

Principe : recréer une interface « eau/air/cornée » rétablissant ainsi le pouvoir de convergence de la cornée.

Avantages :

            Pourtant, tous les plongeurs à la sortie de leurs premières immersions, ont été déçus par la taille réelle de leurs trophées ; comment expliquer la déformation des images qui sont perçues à travers le masque ?

Inconvénients :

Conseils au plongeur sur le choix du masque :

            On comprend aisément la nécessité d’une bonne perception visuelle dans une activité sportive où les sensations visuelles sont en grande partie à la base du plaisir qu’elle nous procure ; par ailleurs, la sécurité impose une bonne vue tant pour soi-même que pour la sécurité de toute la palanquée.

Le Médecin du Sport s’attachera à évaluer l’aptitude visuelle des plongeurs et insistera sur l’importance d’une correction optique en plongée en l’orientant, le cas échéant, vers un opticien spécialisé.

2 - La correction par lentilles de contact :

2-1 Lentilles de contact correctrices sous un masque normal :

            Deux grands types de lentilles de contact existent actuellement sur le marché :

            Inconvénients des lentilles en plongée :

            Les lentilles souples seront toujours préférées dans la mesure du possible, car elles présentent moins d’inconvénients notamment en termes de déplacement, de kératite par dégazage et de coût en cas de perte.

2-2 Lentilles de contact sans masque pour apnéiste :

Ce sont des lentilles souples de très grand diamètre, de type bifocales permettant à la fois une vision terrestre dans leur partie périphérique et une vision sous-marine dans leur partie centrale (correction optique de l’ordre de 42 dioptries).

Utilisées uniquement par les apnéistes de haut niveau, elles présentent les avantages suivants :

            Mais aussi des inconvénients :

les manifestations ophtalmologiques des accidents de plongée et leur prévention
contre-indications ophtalmologiques à la plongée loisir
examen de non contre-indication ophtalmologique à la plongée loisir

avis comité lecture : 12/05/2005
mise en ligne : 25/05/2005


ASSOCIATION RÉUNIONNAISE DE MÉDECINE SUBAQUATIQUE ET HYPERBARE
Siège social : Groupe Hospitalier Sud Réunion, BP 350, 97448 Saint-Pierre cedex, Île de la Réunion

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