ARESUB

 

LA PLONGÉE AUX MÉLANGES SUROXYGÉNÉS

 

Docteur Denis ROQUES
Juin 1999

 

PLAN

I   Définition

II  Historique du Nitrox

III – Avantages et inconvénients de la plongée Nitrox

IV – La toxicité de l’oxygène en profondeur

  1.  Rappel lois des gaz

  2. Applications des lois des gaz aux mélanges NITROX

  3. Effet PAUL BERT

  4. Effet LORRAIN SMITH et tables O.T.U

  5. L’hypoxie

V   La toxicité de l’azote et les procédures de décompression

  1. Rappels physiques

  2. Notion de profondeur équivalente

  3. Narcose à l’azote

VI – Planification d’une plongée et équipements Nitrox :

  1. Paramètres

  2. Consommation

  3. Equipement spécifique

  4. Matériaux compatibles et incompatibles avec l’oxygène

  5. Marquage des bouteilles

  6. Systèmes de préparation Nitrox

  7. Règles à appliquer en tant qu’utilisateur Nitrox

  8. Récapitulatif plongée Nitrox

VII- Conclusion

VIII- Annexes

  1. Lexique
  2. Formules, rappel
  3. Liste des fabricants et distributeurs de matériels Tech en France
  4. Tables Toxicité Oxygène
  5. Tables Nitrox BUHLMANN
  6. Table Profondeur Equivalente Air du Ministère du Travail
  7. Table Profondeur Equivalente Air TDI
  8. Rapports entre la PO2 tissulaire maximum, la profondeur souhaitée et la teneur en O2 maximum du mélange Nitrox
  9. Marquage des bouteilles Nitrox

 

 

I . DEFINITION

L’air ambiant contient idéalement :

Soit schématiquement 79 % d’azote et 21 % d’oxygène.

Les mélanges suroxygénés sont composés d’oxygène à une concentration supérieure à 21 % et de gaz purs.
On distingue :

Les 4 derniers mélanges ne sont utilisés que par les plongeurs professionnels.

Nous nous intéresserons donc dans ce cours uniquement au Nitrox, employé actuellement en plongée loisir.

Le NITROX est un mélange d’oxygène et d’azote, où la concentration d’oxygène est supérieure à celle de l’air ambiant, c’est à dire 21 %.

On parle de Nitrox 36 si la concentration en oxygène est de 36 % dans le mélange.

En plongée loisir, les mélanges utilisés contiennent classiquement entre 22 et 40 % d’oxygène.

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II . HISTORIQUE DU NITROX

·        En 1660, Robert BOYLE et l’abbé MARIOTTE découvrent les lois expliquant les propriétés de l’air comprimé

·        En 1690, Edmund HALLEY perfectionne la cloche à plongeur et atteint 18 m

·        En 1773, LAVOISIER et PRIESTLEY étudient les propriétés de l’oxygène, l’isolent et découvrent qu’il est le support indispensable à la vie.

·        En 1774, REDDOES établit des protocoles de traitement avec des mélanges enrichis en oxygène.

·        En 1797, KLINGERT propose un scaphandre à casque

·        En 1819, Auguste SIEBE le perfectionne

·        En 1865, ROUQUAYROL et DEBAYROUSSE proposent d’installer un détendeur relié à un petit réservoir de 30 litres  d’air comprimé à 30 bar.

·        En 1870, Henri FLEUSS effectue une plongée avec un mélange enrichi à 50 % d’oxygène.

·        En 1879, Paul BERT publie un ouvrage dans lequel les problèmes de saturation et de toxicité de l’oxygène sont exposés pour la première fois.

·        En 1906, le comité des plongées profondes de l’Amirauté britannique publie les tables de Haldane.

·        En 1912, WESTPHALIA MASCHINEN FABRIK et DRÄGER développent un scaphandre à circuit semi-fermé.

·        En 1914, DAVIS invente un appareil de secours pour les sous mariniers prisonniers (appareil qui sauvera 6 marins lors du naufrage de POSEÏDON en 1931 par 35 m de fond).

·        En 1919, Eliat  TOMSON (USA) propose l’emploi de l’hélium en plongée, mais il faudra attendre 1942 pour les premières plongées du fait du coût de ce gaz.

·        En 1920, Sir DAVIS propose « a diving manual »

·        En 1924, LE PRIEUR invente un scaphandre autonome.

·        En 1924, Louis DE CORLIEU propose les premières palmes.

·        En 1928, premières publications de tables de plongée avec décompression à l’oxygène pur (Davis-Damant).

·        En 1935, BEHNKE explique la narcose à l’azote et la maladie de décompression.

·        Entre 1938 et 1943, COUSTEAU et GAGNAN mettent au point le premier détendeur de plongée le CG45.

·        La seconde guerre mondiale voit le début d’opérations commando par des nageurs de combat et des appareils à circuit fermé.

·        En 1942, la Royal Navy détermine expérimentalement la pression partielle maximum d’oxygène fixée à 2 bar ramenée plus tard à 1.6 bar par la NOAA et à 1.5 bar pour les travaux off-shore. La N.O.A.A. publie ensuite les table de plongée Nitrox  et des tables sur les durées maximum d’exposition à l’oxygène en fonction de la pression partielle. (NOAA : National Océanic and Atmospheric Administration).

·        La décennie après la seconde guerre mondiale voit l’avènement des modèles de scaphandre à circuit fermé à des fins militaires et pour des travaux sous marins.

 

Différents mélanges gazeux sont expérimentés par la COMEX :

-         Les années 1980 voient apparaître les premiers ordinateurs de plongée.

-         En 1986 est créé l’I.A.N.D. (International Association of Nitrox Divers) et des programmes d’enseignement Nitrox sont mis au point.

-         Le terme de « technical diving » « plongée tech » devient alors à la mode et de nombreuses associations lancent leurs programmes d’éducation Nitrox.

-         Les années 2000 verront sans doute l’apogée de la plongée Nitrox ou peut être des systèmes à circuit fermé, le dernier né étant le Drager-Ray pesant 15 kg avec système complet intégré dans un gilet stabilisateur et vendu actuellement au prix d’environ 14 000 francs.

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III . AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS DE LA PLONGÉE NITROX

 

1)      Avantages :

Comparaison d’une même plongée à 21 m effectuée à l’air ou avec un mélange Nitrox 36
(Palier de sécurité 1 minute à 3 mètres)

 

 

 

 

 

 

2)      Inconvénients :

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IV – LA TOXICITÉ DE L’OXYGÈNE EN PROFONDEUR

1)      Rappels sur les lois physiques des gaz :

A)    Notion et définition de la pression :

Pression    = force par unité de surface

P (pascal) = F (newton)
                     
S (m2)

1 bar = 1013 Hpa
        
= 760 mm Hg

        
= 1 kg/cm2

B)     Pression relative (en mer) :

Pression relative  =  Profondeur (mètres)
                                            
10

Pression relative à 10 m de profondeur en mer =  10/10  =  1 bar 

C)    Pression absolue :

C’est la pression réelle subie dans l’eau à une profondeur donnée :

Pression absolue             = Pression atmosphérique + Pression relative

Pression absolue à 20 m = 1 + (20 / 10)
de profondeur en mer
                                     
= 3 bar

D)    Corrections a apporter :

a)      En eau douce :

La pression relative est de 0.98 bar pour une profondeur de 10 m.

b)      En altitude :

Il y a diminution de la pression atmosphérique avec l’altitude (abaissement continu mais non constant : décroissance de moins en moins prononcée au fur et à mesure  que l’on s’élève. 

Altitude
(m)

Pression
(mb) (Hpa)

Température
(°C)

6000

466

- 24

5700

485

- 22

5400

506

- 20

5100

527

- 18

4800

549

- 16

4500

572

- 14

4200

595

- 12

3900

619

- 10

3600

644

-   8

3300

670

-   7

3000

696

-   5

2700

724

-   3

2400

752

- 0.8

2100

781

1

1800

812

3

1500

843

5

1200

875

7

900

908

9

600

942

11

300

977

13

0

1013

15

- 300

1050

17

- 600

1088

19

Exemple : Calcul de la pression absolue à une profondeur de 20 m, dans un lac situé à 3000 m d’altitude.

Pression absolue = Pression atmosphérique + Pression relative
                         
=   1 bar  x  (696 / 1013)      +  (2 x 0.98)

                         
=   0.7   +   1.96
                         
=   2.66 bar

E)     Loi de Dalton = loi des mélanges gazeux :

Notion de mélange de gaz et de pression partielle

a)      Dans un mélange de gaz, les molécules ne se combinent pas entre elles et chaque gaz exerce la pression qu’il aurait s’il occupait à lui seul la totalité du volume du mélange.


Pression Partielle  =  Pression Absolue  x  % du gaz dans le mélange

 

Exemple :  applications aux pressions partielles dans l’air ambiant à 1 bar (pression au niveau de la mer).

Pression partielle d’oxygène  =  PO2 = 1 x   (21 / 100)  = 0.21 bar

Pression partielle d’azote       =  PN2 = 1  x  (79 / 100)  = 0.79 bar

b)      La somme des pressions partielles des gaz d’un mélange est la pression totale du mélange.

Pression totale du mélange oxygène + azote (air)   =   Pression partielle oxygène  +   Pression partielle azote
                               
                                            =   PO2   +   PN2
                                                                           
=   0.21  +  0.79
                                                                           
=   1 bar

 F)      Loi de Henry

La quantité de gaz dissous dans un liquide dépend :

 Mais est proportionnelle à la pression partielle du gaz à la surface du liquide.

D : plus la pression partielle du gaz augmente, plus il y a de gaz dissout dans le liquide.

 

G)    Notion de période d’un tissu :

C’est le temps nécessaire pour que la pression du gaz dissous dans ce tissu soit égale à la moitié de la pression du gaz surnageant.
On considère que l’équilibre est atteint au bout de 6 périodes = saturation

H)    Notion de saturation :

La sursaturation est un état d’équilibre instable lorsque la somme des pressions partielles des gaz dissous dans un tissu est supérieure à la pression ambiante.
On définit un coefficient de sursaturation variable selon les tissus pour éviter l’apparition des bulles.
Ce coefficient est à la base de la tolérance à la décompression de l’organisme et des tables de plongée.

 

                        2) Applications des lois des gaz aux mélanges Nitrox

Le seuil de toxicité de l’oxygène est fixée à 1.6 ou 1.4 bar de la pression partielle.

A)    Calcul de la pression partielle d’oxygène lors d’une plongée à l’air à 66 m de profondeur en mer :

a)      pression absolue à 66 m  =  pression atmosphérique  +  pression relative
                                      
= 1  +  6.6
                                       
= 7.6 bar

b)      pression partielle d’oxygène à 66 m  =  7.6  x   (21 / 100)
                                                       
=  1.6 bar

On voit qu’à 66 m, on atteint le seuil de toxicité de l’oxygène fixé à 1.6 bar de pression partielle. On est donc aux limites de la plongée à l’air.

B)     Calcul de la pression partielle d’oxygène lors d’une plongée à 20 m en mer avec un mélange Nitrox 34 (34 % d’oxygène) :

a)      pression absolue à 20 m   =  pression atmosphérique  +  pression relative
                                       
=                   1                   +             2
                                      
=   3 bar

b)      pression partielle d’oxygène = 3  x   34 / 100
                                          
= 1.02 bar

c)      Calcul de la profondeur maximum que l’on peut atteindre sans risque avec un Nitrox 36 , en fixant le seuil maximum de la pression partielle d’oxygène (PO2) à 1.6 bars :

       1.6    =  pression absolue  x  % d’oxygène dans le mélange Nitrox
1.6    =  pression absolue  x  0.36

à Pression  absolue  =   1.6 / 0.36
    
Pression absolue   =  4.44 bar

Or Pression absolue  =  P atmosphérique  +  P relative

à  Pression relative  =  4.44 – 1
                                 =  3.44 bar

Or Profondeur   =  Pression relative  x  10

à Profondeur   =  3.44    x   10
                        
=  34.4 mètres

 

Pour récapituler, en plongée Nitrox,
o
n utilise les formules suivantes :

 

Pression partielle d’oxygène  =  Pression absolue  x  % d’oxygène dans le mélange

 

Profondeur maximum d’utilisation du mélange
=
[(Pression partielle d’oxygène maximum tolérée) / (% d’oxygène dans le mélange) –1]  x  10

 

Mélange optimum pour une profondeur donnée
=
(Pression partielle d’oxygène maximum tolérée) / (Pression absolue à la profondeur souhaitée)

 

(cf annexe)

 

3) Effet Paul BERT :

C’est la toxicité de l’oxygène sur le système nerveux central lors d’une respiration à forte pression partielle.

Pour les plongées loisirs NITROX, la pression partielle d'oxygène maximum recommandée est de 1,4 bar.

 

A)     Rappel des syndromes :

C’est une crise convulsive évoluant classiquement en trois phases :

Précédées parfois de prodromes :

B)     Conduite à tenir :

    C’est avant tout la prévention et rester dans les limites de PO2 acceptables.
    En cas d’apparition de la crise, il faut effectuer une remontée en urgence en maintenant l’embout en place et la liberté des voies aériennes pour éviter un accident de surpression pulmonaire.

C)    Prévention et tables oxygène de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration)

·        Comme l’azote, la toxicité de l’oxygène varie en fonction du temps et de la profondeur :
Plus la pression partielle d’oxygène augmente, plus la durée de plongée doit être brève.
Il faut éviter les zones proches des limites de sécurité.

 ·        Comme tout plongeur observe scrupuleusement la table de décompression, le plongeur Nitrox doit utiliser la table oxygène.

Tables Durée / Pression Partielle O2 de la NOAA

PPO2

Durée max de la
1ère plongée (mn)

Temps de plongée
max sur 24h

1.6

45

150

1.5

120

180

1.4

150

180

1.3

180

210

1.2

210

240

1.1

240

270

1

300

300

0.9

360

360

0.8

450

450

0.7

570

570

0.6

720

720

 

On définit alors une toxicité due à l’oxygène sur le système nerveux central en % par la formule :

Toxicité O2 du SNC    =                durée de plongée            
                                       
durée maximum de la 1ère plongée

·        Quand le plongeur a atteint le temps maximum pour une seule plongée, il doit observer un intervalle de surface.

·        Si la toxicité atteinte est supérieure à 80 %, cet intervalle doit être d’au moins 2 heures.

·        Quand dans une journée on atteint 80 à 100 % du maximum d’exposition l’intervalle avant de replonger doit être d’au minimum 12 heures.

·        Les intervalles de surface sont effectués à l’air.

·        Toutes les 90 minutes, on considère que la toxicité baisse de 50 %.

Exemples :

Sortie de l’eau avec une toxicité O2 SNC de 60 %.
Après 90 minutes toxicité 60 % x 0.5 = 30 %
On pourra replonger sur la journée 100-30 = 70 % du temps théorique restant à la PO2 envisagée. 

Une autre table déduite des tables de la NOAA donne des résultats plus précis et plus proches de la réalité avec des temps de plongée légèrement plus faibles.

On doit toujours arrondir les valeurs dans le sens de la sécurité, ex : PO2 : 1.37 à 1.4.

 

                        4) Effet LORRAIN-SMITH et tables OTU :

 

A)     Physiopathologie et symptômes

L’effet LORRAIN-SMITH est la toxicité pulmonaire de l’oxygène suite à de longues expositions à une pression partielle d’oxygène comprise entre 0.5 et 1 bar.

C’est une pneumonie toxique par brûlure alvéolaire entraînant des dégâts irréversibles et conduisant à la mort.

Lors des plongées sportives  ce risque pulmonaire n’existe pas.

 

B)     Prévention :

C’est la table OTU de Hamilton (Oxygen Time Unit).

La dose maximum d’une journée de plongée est de (1500-650), soit 850 OTU.

 

Table OTU
En fonction de la pression partielle d’oxygène et du temps passé en profondeur

PO2 (bar)

OTU/mn

0.5

0

0.6

0.27

0.7

0.47

0.8

065

0.9

0.83

1

1

1.1

1.16

1.2

1.32

1.3

1.48

1.4

1.63

1.5

1.78

1.6

1.92

Exemple : combien de temps peut-on respirer de l’oxygène à 1.6 bars sans dépasser 850 OTU

A 1.6 bar, la dose est de 1.92 OTU/mn

1.92 x t  =  850
       
   t  =  (850 / 1.92)
          
t  =  442 minutes
 
soit plus de 7 heures

                        5) L’hypoxie

Il ne faut pas oublier que si trop d’oxygène peut être toxique, trop peu d’oxygène est également nuisible, la pression partielle minimale doit être de 0.16 bar afin d’éviter l’hypoxie.
L’anoxie étant le stade extrême de l’hypoxie.

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V. LA TOXICITE DE L’AZOTE ET LES PROCEDURES DE DECOMPRESSION EN PLONGEE NITROX

 

1)      Rappels de physique :

L’azote est un gaz inerte à l’air, mais en plongée sa pression partielle va augmenter du fait de l’augmentation de la pression absolue :

Ex 1 :  à 30 mètres de profondeur en mer, en plongée à l’air, qu’elle est la pression partielle d’azote ?
Pression partielle d’azote  =   Pression absolue  x  % azote

                                        =   4  x  0.79
                                       
=   3.16 bar

Ex 2 : quelle serait la pression partielle d’azote avec un mélange Nitrox 30 ? 

Le pourcentage d’azote serait            =  100-30
                                                         
=   70 %
La pression partielle d’azote serait     =  4  x 0.7
                                                        
=  2.8 bar

    On ne reviendra pas sur la maladie de décompression, la notion de paliers et le modèle multicompartimental type Haldane utilisé dans les tables de plongée. Mais l’on constate que pour une même profondeur, avec un mélange enrichi en oxygène donc appauvri en azote la pression partielle de l’azote, responsable de la maladie de décompression diminue, ce qui explique les temps plus longs pour les plongées Nitrox.

2)      Notion de profondeur équivalente :

Reprenons l’exemple précédent :
Plongée à 30 mètres en mer avec un mélange Nitrox 30.

Pression partielle  =  Pression absolue  x  % azote
                          
=   4  x  0.7
                           
=   2.8 bar

2.8 bar de pression partielle d’azote lors d’une plongée à l’air seront rencontrés à une pression absolue de
            
2.8 = Pression absolue  x  0.79
(2.8 / 0.79) = Pression absolue
      
3.5 bar = Pression absolue

or Pression absolue = Pression atmosphérique + Pression relative
                       
3.5  =  1   +  Pression relative

    
Pression relative = 2.5 bar

Soit à une profondeur de 25 mètres.

Une plongée avec un Nitrox 30 à 30 mètres est donc équivalente à une plongée à l’air à 25 mètres.

 

Tous ces calculs sont reportés sur les tables TDI (Technical Diving International France).
Les tables proposées par le Ministère du Travail sont, pour leur part, un peu plus pénalisantes.
Il existe en outre des tables spéciales NITROX évitant tous les calculs.

 

EN RÉSUMÉ :

 

 

Profondeur équivalente air (en mètres)

=

{[(% N2 dans le mélange  x  Pression absolue) / (% N2 dans l’air)]  -  1}  x  10

 

 

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VI . PLANIFICATION D’UNE PLONGÉE ET ÉQUIPEMENTS NITROX

 

1)      Les paramètres

 

A)    Profondeur :

Il faut se poser la question suivante : Est-ce que ma pression partielle d’oxygène ne dépassera pas 1.6 bar (de préférence 1.4 bar), au point le plus profond de la plongée envisagée ?

 

B)     Durée :

Est-ce que je vais dépasser 80 % de toxicité oxygène sur le système nerveux central sur les tables de la NOAA ?

 

C)    C) Paliers

Ils sont a éviter, sauf un palier de sécurité de 1 à 3 minutes à 3 mètres.

 

2)      La consommation

On applique les formules suivantes, mais surtout on vérifie son manomètre au cours de la plongée.

 

 

Capacité du bloc (en litres)  =  Volume du bloc (en litres)  x  Pression de service (en bar)

 

 

Consommation de mélange à une profondeur donnée (en l /mn)
=

Consommation à l’air libre
(en l /mn)  x  Pression absolue (en bar)

 

 

Il ne faut pas oublier que les efforts augmentent la consommation.
Þ
on consomme 4 fois plus à 30 mètres (pression absolue de 4 bar) qu’à l’air libre .

 

3)      Equipement spécifique :

 

A)    Les détendeurs :

Ils seront toujours démontés, dégraissés et séchés.

 

B)     Les manomètres :

Ils seront démontés, dégraissés et séchés, on dégraisse également le tuyau interne.

 

C)    Les inflateurs et les gilets :

Ils seront démontés et dégraissés, on dégraisse également le flexible d’alimentation.

 

D)    Les bouteilles :

Elles seront spécifiques, dégraissées, rincées et séchées.

 

E)     Les robinetteries :

Elles seront également démontées, dégraissées et séchées.

 

F)      Les ordinateurs de plongée :

Ce sont des ordinateurs spécifiques à la plongée Nitrox.

On peut citer :

 

 

4)      Matériaux et oxygène :

A)     Matériaux compatibles :

B)     Graisses compatibles :

 

C)    Matériaux incompatibles M :

 

D)    Graisses incompatibles :

 

En résumé :

LAITON : OK
ACIER : OK

M
ALUMINIUM : NON

 

5)      Marquage des bouteilles :

A)    Ordonnance du 1er Janvier 1997 :

 

LES BOUTEILLES SERONT MARQUÉES COMME SUIT :

 

6)      Les systèmes de préparation Nitrox :

A)    La fabrication des Nitrox :

a)      Méthode dite de la pression partielle :

  1. On prend une bouteille vide.

  2. On transvase la quantité d’oxygène nécessaire

  3. On complète avec de l’air comprimé jusqu’à obtention de la pression finale.

 

·        Il existe d’autres techniques permettant de fabriquer des Nitrox en continu. Il est alors possible de remplir directement les bouteilles de plongée ou de stocker le Nitrox dans des bouteilles tampon pour le transvaser ultérieurement (gonflage à flot continu ou suivant le poids moléculaire).

·        Théoriquement, on peut fabriquer n’importe quel Nitrox mais dans la pratique on descend rarement le pourcentage d’oxygène en dessous de 30 % car l’on se retrouve trop proche de l’air comprimé, de même s’y l’on effectue des mélanges avec plus de 50 % d’oxygène l’on réduit tellement la profondeur des plongées que les avantages du Nitrox disparaissent.

·        EN PRATIQUE ON FABRIQUE DES NITROX CONTENANT ENTRE 28 % ET 40 % D’OXYGENE.

b)      Les analyseurs d’oxygène :

Il existe différents modèles portables ou fixes, leur précision est de 0.1 %. Il faut analyser le mélange environ 12 heures après sa fabrication car les molécules ont besoin de temps pour se mélanger parfaitement = LOI DE BERTHOLET

 

7)      Règles à appliquer en tant qu’utilisateur Nitrox :

 

 

Plonger avec du NITROX
RÉCAPITULATIF
 

I - AVANT LA PLONGEE
-         Planification de la plongée
à quel Nitrox pour quelle profondeur
-         Contrôle du pourcentage d’O2 du mélange dans la bouteille
-         Remplir le formulaire de contrôle
-         Montage des détendeurs sur la bouteille
-         Réglage du pourcentage d’O2 sur l’ordinateur

II – LA PLONGEE
-        
Briefing – Check Partner
-        
M respecter la profondeur
-         Vérifier la consommation et les temps

III – APRES LA PLONGEE
-         Ranger le matériel, ne pas mélanger avec le matériel courant
-         Remplir le carnet de plongée
-         Recharger la bouteille de Nitrox, selon les plongées ultérieures envisagées.
 

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VII . CONCLUSION :

 

-         La plongée loisir Nitrox est en plein développement aux USA, en Angleterre, en Allemagne, en Suisse et en Mer Rouge.

-         La France est en retard mais d’ici l’an 2000, on devrait trouver une vingtaine de centres.

-         Depuis 10 ans, le matériel se développe très rapidement et la gamme des produits s’élargit.

-         Dans la prochaine décennie on va certainement voir la transformation de la plongée loisir,  l’apparition de circuits fermés avec recycleurs et rebreather va peut être démoder le scaphandre à circuit ouvert et permettre les plongées éloignées des centres de gonflage à moins que les systèmes de gonflage ne deviennent eux mêmes de plus en plus simples et compacts.

 

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ANNEXES

 

LEXIQUE :

 

AENx 

Air enrichi en Nitrox

AEOx

Air enrichi en Oxygène

CF

Scaphandre à Circuit Fermé

CO

Monoxyde de carbone ou oxyde de carbone

CO2 

Dioxyde de carbone ou gaz carbonique

CSF

Scaphandre à Circuit Semi Fermé

HSE

Health & Safety Executive (Ministère de la Santé et de la  Sécurité)

Nitrox 

Mélange Oxygène + Azote enrichi en oxygène, de 22% à 99%

NOAA

National Oceanographic & Atmospheric Administration (Office National de l'Espace et des Océans)

O2 

Oxygène

OTU 

Oxygen Toxicity Unit, dose d'oxygène tolérée. 1 minute de respiration à 100 % O2 à 1 bar de pression

P abs 

Pression absolue

PEA

Profondeur Équivalente Air ou Profondeur Équivalente Narcotique

Plongée Loisir

Type de plongées à l'intérieur de la courbe de sécurité

Plongée Tech 

Type de plongées dérivées de la plongée Loisir. Plongée avec  décompression ; avec un mélange autre que de l'air ; avec des recycleurs ; sous plafond. Ces 4 éléments sont soit liés, soit  séparés.

Pp 

Pression partielle

Rebreather

Scaphandre à Circuit Fermé ou Semi Fermé

Recycleur

Scaphandre à Circuit Fermé ou Semi Fermé

SNC

Système Nerveux Central

UPTD 

Unit Pulmonary Toxicity Dose, l'ancien nom des OTU

(extrait de « Technical Diving International France », Annexe Plongeur Nitrox)

 

 

FORMULES :

 

Rappel : Les pressions

P Partielle = P Absolue x (pourcentage de gaz dans le mélange)

P totale du mélange = Pp gaz 1 + Pp gaz 2 + Pp gaz 3...

P. Absolue = (Profondeur/10) + 1

Les formules Nitrox:

Pression partielle d'oxygène à la profondeur maximum en bars :
Pp O2 = % O2 x P absolue

Profondeur maximum d'utilisation du mélange en mètres :
Prof = [(PpO2 / %O2) – 1] x 10

Le meilleur mélange en pourcentage d'oxygène :
% O2 = (PpO2) / (P absolue)
% O2 est en fait : O2 / 100

 Toxicité O2 du SNC en % = (Durée de plongée / Durée max 1ère plongée) x 100

 La durée de plongée est la durée totale de l'immersion.

La durée maximale de la 1ère plongée est donnée par la table de la NOAA.

Profondeur équivalente Air :

PEA = {[(1 - %O2) x (P – 10)] / 0,79} – 10 = {[(%N2mélange x P abs) / %N2 air] – 1} x 10
P = Profondeur en mètres
PEA = Profondeur Equivalente Air en mètres

 

Consommation de mélange et capacité de la bouteille

Consommation de mélange à cette profondeur en litres
=

(P abs.) x (Conso moyenne par minute) x (nombre de minutes à la P abs.)

 

Capacité totale du bloc en litres = (Volume en litres d'eau du bloc) x (Pression de service en bars)

 

(extrait de « Technical Diving International France », Annexe Plongeur Nitrox)

 

 

LISTE DES FABRICANTS ET DISTRIBUTEURS DE MATÉRIELS TECH EN FRANCE
        Voir : « Technical Diving International France », annexe Plongeur Nitrox.

 

TABLES TOXICITÉ OXYGÈNE
        Voir : « Technical Diving International France », annexe Plongeur Nitrox.

 

TABLES NITROX BUHLMANN

        Voir : « Technical Diving International France », annexe Plongeur Nitrox.

 

TABLE PROFONDEUR ÉQUIVALENTE AIR DU MINISTÈRE DU TRAVAIL
   
     Voir : « Technical Diving International France », annexe Plongeur Nitrox.

 

TABLE PROFONDEUR ÉQUIVALENTE AIR TDI
        Voir : « Technical Diving International France », annexe Plongeur Nitrox.

 

RAPPORTS ENTRE LA PO2 TISSULAIRE MAXIMUM TOLÉRÉ, LA PROFONDEUR SOUHAITÉE ET LA TENEUR EN O2 MAXIMUM DU MÉLANGE NITROX
Rappels
 :

P O2 tissulaire  =  P absolue  x  % oxygène

% oxygène maximum =  PO2 tissulaire maximum tolérée
                                                  
P absolue

Profondeur : m

% maximum d'oxygène dans le mélange Nitrox

PO2max :
1,4 *

PO2max :
1,6 *

PO2max :
1,7
D

PO2max :
1,8
D

4

100

 

 

 

6

87

100

 

 

7

82

94

100

 

8

77

88

94

100

10

70

80

85

90

12

63

72

77

81

14

58

66

70

75

16

53

61

65

69

18

50

57

60

64

20

46

53

56

60

22

43

50

53

56

24

41

47

50

53

26

38

44

47

50

28

36

42

44

47

30

35

40

42

45

32

33

38

40

42

34

31

36

38

41

36

30

34

36

39

38

29

33

35

37

40

28

32

34

36

42

26

30

32

34

 

 

MARQUAGE DES BOUTEILLES NITROX
        Voir : « Technical Diving International France », annexe Plongeur Nitrox.

 

 

BIBLIOGRAPHIE

  1. Blanchard J.L., Kersalé ; Manuel de plongée au Nitrox ; FFESSM.

  2. Bühlmann A.A. ; Courbes et tables de plongée Nitrox ; Université de Zurich ; 1986.

  3. Hamilton R.W. ; Tables de toxicité oxygène pulmonaire.

  4. Padi International ; Cours de plongée Nitrox.

  5. Sirven D. ; La plongée Nitrox ; Technical diving international ; Avril 1997.

  6. Zurcher M. ; La plongée aux mélanges suroxygénés ; 1996.

  7. 2001 l’odyssée du Nitrox ; Cassette vidéo VHS 55 mm ; F. Gleze ; Production Eau–Zone ; FFESSM

 

date de mise en ligne : 16/05/2001


ASSOCIATION REUNIONNAISE DE MEDECINE SUBAQUATIQUE ET HYPERBARE
Siège social : Groupe Hospitalier Sud Réunion, BP 350, 97448 Saint-Pierre cedex, Ile de la Réunion

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