ARESUB

 

LE PALIER DE PRINCIPE

Dr Jean-Michel ROLLAND

18 novembre 1996

 

plan :

1.     le palier de principe d’une plongée sans incident,

2.     le palier de remontée rapide,

3.     le palier de Fructus et Sciarli.

 

Palier : vient de l'ancien français « paele », qui signifie « poêle » ; surface plane entre deux étages, mais il a d'autres significations.

 

Principe : règle à laquelle on ne déroge pas quelques soient les circonstances.

 

1. LE PALIER DE PRINCIPE D'UNE PLONGÉE SANS INCIDENT :

 

1.1 Définition

·        Arrêt de principe en cours de remontée, classiquement 3 minutes à 3 mètres,

·        quand la saturation théorique donnée par les tables ne demande pas de palier de désaturation,

·        pour tout plongeur quelque soit son niveau, pour une plongée supérieure à 10 mètres.

 

1.2 Intérêt :

 

1.2.1 Savoir s'arrêter : il prévient les accidents de surpression, les accidents de surface (entendre et voir, par exemple une hélice de bateau), regrouper ses plongeurs, vérifier son lestage (bouteille vide).

1.2.2 Élimination du C02 en excès :

·        origine : le métabolisme et l'effort physique ;

·        devenir : il est tamponné par les bases C03H2, et donc la PpC02 reste à un taux proche de la normale,

·        à la remontée : la baisse rapide de la pression engendre une augmentation rapide de la PpC02 dissous,

·        qui, cliniquement, se traduit par une fatigue après la plongée, des céphalées battantes quelquefois de type migraineuses chez des sujets sensibles à ce type de pathologie ;

·        enfin, on sait que la PpC02 élevée favorise la formation de bulles liées à l'azote.

1.2.3 Prévention des "petits" accidents de décompression, liés à l'azote :

·        pour les sujets hors courbe de Gauss des tables de décompression,

·        et les plongeurs temporairement hors table : libations la veille, palmage excessif (vitesse supérieure à 0,5 nœud), bêchage de jardin la veille (bends !).

Pour ces plongeurs, outre le palier de principe, on conseille avant la remontée, un temps de repos au fond (surtout en cas d'effort physique) avec ventilation convenable, et de rajouter 5 minutes au temps de plongée réel (ce qui les fera éventuellement entrer dans la table).

 

1.3 Comment le faire ? (Palier sans incident)

·        Plutôt à 5 mètres : en cas de houle, on reste constamment sous la surface.

·        Plus facile qu'à 3 mètres : en fin de plongée, la bouteille est vide... et Archimède profite (par ex. : une 12 litres gonflée à 200 bars arrivant au palier à 50 bars, perd 12 x 150 x 1,3 g/l d'air = 2,5 kg).

·        En palmant lentement : pour accélérer la circulation pulmonaire, donc la diffusion du N2 et du C02 ; il prévient de plus, le refroidissement.

 

2. LE PALIER DE REMONTEE RAPIDE :

 

"ne pas se servir de l'ordinateur"

 

Par définition : vitesse de remontée inférieure à 17 mètres/minute, avec temps passé en surface maximum de 3 minutes.

·        Le palier s'effectue à mi-profondeur de la profondeur maximale atteinte en cours de plongée, et le plongeur y reste 5 minutes.

·        Ce type de palier a été déterminé empiriquement, mais vérifié en pratique et a fait preuve de son efficacité.

·        Les paliers suivants se calculent, à partir de la profondeur max atteinte en cours de plongée (ou de la plus profonde des deux en cas de consécutive), et de la durée qui est la somme de : descente, exploration, remontée rapide, temps en surface, redescente et les 5 minutes du palier de principe.

 

3. LE PALIER DE FRUCTUS-SCIARLI :

 

Cette méthode est appliquée par l'US-Navy depuis 1973 et s'est montrée efficace.

 

3.1 Domaine d'application :

toutes les remontées non réalisées correctement

·        par raccourcissement des paliers (manque d'air, lestage insuffisant),

·        et surtout remontée trop rapide, dite remontée en ballon (blow-up).

 

3.2 Intérêt

·        prévenir un accident de décompression, et surtout éviter une réimmersion au delà de 12 mètres toujours dangereuse dans cette situation.

·        meilleur rapport entre recompression des bulles d'azote et nouvelle saturation.

 

3.3 Réalisation pratique: (Fructus et Sciarli)

·        le plongeur se réimmerge à 12 mètres

·        la durée :

o       on prend en compte, comme pour le palier à mi-profondeur, le temps total écoulé depuis la première immersion jusqu'à l'arrivée à 12 mètres ;

o       on recalcule alors le palier de 3 mètres prévu pour la plus grande profondeur atteinte, et on obtient un temps t ;

·        le palier : exemple pour une plongée de 30' à 25 m, t=35', palier 5' à 3 m ; il faudra rester :

 

t/4 à 12 m

5/4 = 1

donc 2' à 12 m

t/3 à 9 m

5/3 = 1

donc 2' à 9 m

t/2 à 6 m

5/2 = 2.5

donc 3' à 6 m

t x 1,5 à 3 m

5 x 1,5 = 7,5

donc 8' à 3 m

 

 

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Total :

15' + 4' (1’ entre chaque palier)

 

·        remarques :

o       il faut une minute pour passer d'un palier à un autre,

o       on arrondit le temps à passer à chaque palier à la minute supérieure,

o       cette procédure ne s'applique pas si aucun palier n'est retenu par la table,

o       on peut appliquer cette règle pour les tables MN 90 ou MT 92.

 

Références :

·        Fructus Xavier, Sciarli Raymond, PLONGEE SANTE-SECURITE, Editions Ouest-France, EMOM. 1992.

·        Courrier D. GARDETTE B., directeur scientifique de COMEX 14 novembre 1996.

 

Date de mise en ligne : 21/2/2001

 

 

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