INTOXICATIONS
AU MONOXYDE DE CARBONE TRAITEES AU GROUPE HOSPITALIER SUD REUNION DE 1982 A
2000
Extrait
de : « Intoxications au monoxyde de carbone à la Réunion »,
mémoire pour le DIU de Médecine Subaquatique et Hyperbare »
Dr LEMAIRE
Dominique
15 février 2000
La source de renseignements est le
registre de la chambre hyperbare du GHSR de Saint Pierre :
· Cinquante six personnes ont bénéficié d’un traitement par oxygénothérapie à Saint Pierre depuis la mise en route du caisson en 1982 jusqu’à fin janvier 2000, soit en 18 années.
·
Neuf
patients au moins auront bénéficié de soins par oxygénothérapie normobare au
GHSR.
1.
SEXE :
·
masculin :
30,
·
féminin :
34 dont une femme enceinte ;
·
pour un
sexe ratio voisin de 1.
2. AGE
MOYEN :
·
21.4 ans
(étagés de 4 à 62 ans)
3. REPARTITION PAR TRANCHES D’AGE DE 10
ANS :
*pour 2 victimes
l’âge n’est pas connu
|
AGE (en années) |
Nbre de patients |
% |
|
0 – 9 |
9 |
14.5 |
|
10 – 19 |
22 |
35.5 |
|
20 -29 |
14 |
22.5 |
|
30 – 39 |
12 |
21 |
|
40 – 49 |
3 |
5 |
|
> 49 |
1 |
1.5 |
|
Total connu |
62 * |
100 |
4. REPARTITION DES INTOXIQUES EN FONCTION
DE L’AGE ET DU SEXE :
|
AGE (en années) |
HOMMES
|
FEMMES
|
||
|
0 – 9 |
5 |
17% |
4 |
12% |
|
10 – 19 |
11 |
38 |
11 |
33.5 |
|
20 -29 |
5 |
17 |
9 |
27 |
|
30 – 39 |
5 |
17 |
8 |
24 |
|
40 – 49 |
2 |
7 |
1 |
3 |
|
> 49 |
1 |
3.5 |
0 |
|
|
Total connu |
29 |
|
33 |
|
A
noter 78% des patients ont moins de 40 ans
Une
seule grossesse de 8 mois est répertoriée chez une femme de 16 ans
(asymptomatique).
5. COMPARAISON DE L’AGE DES PATIENTS
INTOXIQUES AVEC CELUI DE LA REGION :
Ne sont retenues
que les intoxications ultérieures à 1990 pour tenir compte de la croissance
démographique récente (INSEE 1997).
|
Classe
d’âge |
Population
régionale |
|
|
|
% |
|
|
De 0 à
14 ans |
200 651 |
28,5 |
|
De 15 à
19 ans |
64 716 |
9 |
|
De 20 à
24 ans |
61 075 |
8,5 |
|
De 25 à
29 ans |
55 365 |
8 |
|
De 30 à
39 ans |
109 420 |
15,5 |
|
De 40 à
44 ans |
80 731 |
12 |
|
Plus de
45 ans |
131 121 |
18,5 |
|
total |
703 079 |
|
|
Classe
d’âge |
intoxiqués |
||||
|
hommes |
femmes |
mixte |
|||
|
De 0 à
14 ans |
11 |
44% |
8 |
26% |
38% |
|
De 15 à
19 ans |
5 |
20% |
3 |
11% |
16% |
|
De 20 à
24 ans |
2 |
8% |
5 |
18,5% |
14% |
|
De 25 à
29 ans |
2 |
78% |
1 |
3,5% |
6 |
|
De 30 à
39 ans |
3 |
12% |
7 |
26% |
20% |
|
De 40 à
44 ans |
1 |
4% |
1 |
4% |
4% |
|
Plus de
45 ans |
1 |
4% |
0 |
0 |
2 |
|
total |
25 |
|
25 |
|
|
Les pics de fréquences de l’âge de
l’intoxication reflètent ceux de la courbe des âges de la population tout en
montrant un décalage net de l’intoxication touchant les premières tranches
d’âge. (les moins de 20 ans représentent 54% des IOC et seulement 37.5% de la
population)
6. REPARTITION GEOGRAPHIQUE :
·
L’éclatement géographique ne permet pas de
localiser de foyer de concentration des intoxications, sinon par leur distribution
en altitude.
·
Les seules
Intoxications Oxycarbonées observées dans « les bas » sont
liées à des incendies ou des inhalations de gaz d’échappement de véhicules ou
de moteurs thermiques.
·
« Les
hauts » sont presque exclusivement représentés par les accidents de
chauffe-eau.
·
Quoique peu
peuplés, les 3 cirques (Salazie, Mafate et Cilaos) n’auront fourni aucune
victime.
·
A noter que
trois accidents collectifs (10 victimes) sont survenus chez des patients étant
allés chercher la fraîcheur des hauts- «en changement d’air »
et à partir d’appareils probablement peu utilisés : groupe électrogène,
pompe à eau, chauffe-eau.
Nous retrouvons
cet élément épidémiologique dans la
7. REPARTITION MENSUELLE :
Qui permet d’observer deux pics de
fréquence :
·
Le premier
correspond à la saison fraîche où les appareils de chauffage au gaz sont
surexploités.
·
Le
deuxième, au début des grandes vacances d’été (remise en route des
appareils ?)
|
JAN |
FEV |
MAR |
AVR |
MAI |
JUI |
JUI |
AOU |
SEP |
OCT |
NOV |
DEC |
|
3 |
0 |
0 |
3 |
2 |
8 |
14 |
9 |
5 |
0 |
5 |
15 |
|
4.5% |
0 |
0 |
4.5 |
3 |
12.5 |
22 |
14 |
8 |
0 |
8 |
23.5 |
8. ORIGINE ET CIRCONSTANCES DE
L’ACCIDENT :
·
La totalité
des intoxications est involontaire.
·
Dans quatre
cas l’origine est professionnelle : 3 pompiers exposés aux fumées
d’incendie ; un militaire exposé à des gaz d’échappement.
·
Dans plus
d’un cas sur deux il s’agit d’un élément de chauffage défectueux.
·
Une fois
sur trois une pollution par gaz d’échappement (pompe à eau, groupe électrogène,
compresseur, véhicule).
9. SYMPTOMATOLOGIE PRESENTEE :
Seule une partie des dossiers cliniques
ultérieurs à 1994 est exploitable.
|
Symptômes |
fréquence |
|
Céphalée |
13 |
|
Perte de
connaissance |
8 |
|
Vomissement |
6 |
|
Vertige |
5 |
|
Asthénie |
5 |
|
Nausée |
3 |
|
Convulsions |
3 |
|
Hypertonie |
1 |
|
Hypersialorrhée |
1 |
|
Fasciculations |
1 |
|
Obnubilation |
1 |
|
Détresse
respiratoire (incendie) |
1 |
|
Coma vigile |
1 |
10. NIVEAU DE GRAVITE SELON LE POISON
SEVERITY SCORE :
·
PSS
0 : pas de Gravité.
·
PSS
1 : intoxication de faible gravité (présence de signes fonctionnels et
troubles neurologiques objectifs de faible importance : ROT vifs, Babinski
, hypertonie).
·
PSS
2 : : intoxication de moyenne gravité (perte de connaissance initiale,
coma stade 1
·
PSS 3 : intoxication de sévère gravité (
coma stade II et III ou complication majeure, infarctus du myocarde).
|
GRAVITE |
Nbre d’intoxiqués |
% |
|
PSS 0 ( pas de
gravité) |
1 |
4 |
|
PSS1 (faible gravité) |
14 |
54 |
|
PSS2 (gravité moyenne) |
11 |
42 |
|
PSS3 (sévère gravité) |
0 |
0 |
|
TOTAL |
26 |
100 |
Ainsi 42 % des
intoxications sont graves
11. ETAT DU PATIENT AUX URGENCES :
·
En dehors
d’une patiente sédatée et intubée, tous les malades sont conscients à leur
arrivée aux urgences, seuls persistent des signes fonctionnels.
·
Tous sont
améliorés par la prise en charge médicalisée et sous oxygénothérapie normobare.
·
Il n’est
pas fait état d’utilisation de moyens inadaptés d’oxygénothérapie.
12. CONSEQUENCES A MOYEN TERME DE
L’INTOXICATION :
Seule une femme de 38 ans, intoxiquée par un chauffe-eau dans une salle de bain hermétiquement close pendant plus d’une heure, ayant présenté une perte de connaissance puis des convulsions va présenter des séquelles neurologiques importantes : bradypsychie, troubles mnésiques, démarche cérébelleuse à 10 jours. Elle avait pourtant été médicalisée rapidement et après 45’ d’oxygénothérapie normobare par sa sonde d’intubation son taux avait chuté d’HbCO à 5% ! Elle n’a plus été suivie par le GHSR par la suite.
13. DOSAGES DE L’HBCO :
·
Les
premiers dosages de l’HbCO sont enregistrés en 1990.
·
Des dosages
ont été effectués chez 33 patients intoxiqués.
·
Les taux en
pourcentage oscillent entre 1.4 et 32. Dans le premier cas il s’agit d’un
diagnostic rattrapé après 22 heures en air ambiant chez un traumatisé crânien
non-fumeur retrouvé sans connaissance dans une salle de bain ; le second
d’un dosage effectué dans un hôpital de proximité.
·
La moyenne
s’établit à 13.5%. Ceci étant à interpréter avec le fait que la majorité des
patients sont médicalisés et oxygénés souvent depuis plusieurs heures avant le
prélèvement. Ainsi pour trois malades nous avons noté un record de vitesse en
1997 de quatre heures pour la distance Plaine des cafres – Saint Pierre !
pour un taux résiduel moyen de 10.4 sous ONB.
·
L’utilisation
de testeurs du CO expiré se développe au niveau des SAMU.
14. REPARTITION DES INTOXICATIONS SELON
LE NOMBRE DE VICTIMES :
Sur
64 victimes, 41 auront subi une intoxication collective (67p100).
|
Nombre de victimes Par intoxication |
Nombre de foyers D’intoxication |
Total |
|
2 |
6 |
12 |
|
3 |
5 |
15 |
|
4 |
2 |
8 |
|
5 |
0 |
0 |
|
6 |
6 |
6 |
|
Total |
19 |
41 |
En définitive, on voit se dessiner le
15. PROFIL DE L’INTOXIQUE REUNIONNAIS par
le monoxyde de carbone :
Il s’agit d’un sujet de moins de vingt
ans, victime, dans les hauts, durant la saison fraîche, d’une intoxication
involontaire de gravité moyenne par le chauffe-eau défectueux d’une salle de
bain.
Cette intoxication fera deux victimes.
Date
de mise en ligne : 28 mars 2001
ASSOCIATION REUNIONNAISE DE
MEDECINE SUBAQUATIQUE ET HYPERBARE
Siège social : Groupe Hospitalier Sud Réunion, BP 350,
97448 Saint-Pierre cedex, Ile de la Réunion
http://www.aresub.org