LES ACCIDENTS DE PLONGÉE A MAYOTTE
ÉTUDE ET PRISE EN CHARGE EN 2001
Dr
J-F. LEPERE
Table
ronde de Médecine de Plongée de l’Océan Indien
Grand
Baie - Ile Maurice - 12 Octobre 2001
PLAN :
1.
Présentation de l'île de
Mayotte
Mayotte,
l'une des îles de l'archipel des Comores, est située dans la partie ouest de
l'Océan Indien entre le continent africain et Madagascar, à l'entrée nord du
Canal du Mozambique.
L'île
bénéficie du statut hybride de Collectivité Départementale française, pour
laquelle les lois de la République ne s'appliquent que "sur mention
expresse".
Elle
est distante de la métropole de 8.000 km et de 1.500 km de l'île de la Réunion.
D'une
superficie de 374 km2, elle comprend deux îles principales, la
Petite Terre (16 km2, chef-lieu : Dzaoudzi) et la Grande Terre (348
km2, chef-lieu : Mamoudzou), ainsi qu'une trentaine d'îlots épars.
La
population était estimée à 150 000 habitants en 2000.
Le
climat y est de type tropical humide avec une saison des pluies, ou été
austral, d'octobre à mars et une saison sèche, ou hiver austral, d'avril à
septembre. La température moyenne annuelle est de 25,6° avec un écart de température
de 3,4° en moyenne entre la saison humide et la saison sèche. Mayotte bénéficie
d'un peu plus de 8 heures de soleil par jour.
Comme
les autres îles des Comores, Mayotte est d'origine volcanique. Les côtes sont
très découpées: on y trouve des baies profondes bordées de mangroves, des
caps rocheux et des presqu'îles.
Il
y a un million d'années, Mayotte était entourée d'un récif frangeant qui a
ensuite évolué en un récif barrière du fait, entre autres, de l'enfoncement
progressif de l'île.
L'île
est donc maintenant bordée d'une barrière récifale de 160 km de long, presque
continue, coupée par une dizaine de passes. Cette barrière délimite l'un des
plus vastes lagons coralliens du monde, d'une superficie de 1500 km2.
Sa largeur varie de 3 à 15 km. Sa profondeur est en moyenne de 30 à 50 mètres,
elle peut atteindre 80 mètres dans les passes.
Le
lagon mahorais se différencie des autres par la présence au sud de l'île
d'une double barrière récifale de 18 km de long, particularité que l'on ne
retrouve que dans deux autres endroits du monde (en Nouvelle-Calédonie et aux
îles Fidji).
a)
Les différentes formes de plongée
La
pratique de la plongée de loisir se pratique à Mayotte presque exclusivement
aux seins de clubs, au nombre de 10 en 2001 (9 structures commerciales et 1
associative). Les clubs de Mayotte sont soumis à la réglementation française
régissant la pratique de la plongée de loisir.
La
capacité de sortie de ces clubs est actuellement de 130 plongeurs environ. On
assiste depuis quelques années à une augmentation importante de cette capacité.
Elle était de 50 jusqu'en 1995 et de 75 en 1999. Cette progression est due à
la création en 2000 et 2001 de 3 nouvelles structures commerciales et à
l'achat récent par certains clubs de bateaux de plus grande capacité.
La
pratique de la plongée hors club reste une activité marginale.
La
chasse sous-marine sportive, qui est interdite dans le lagon mais autorisée
au-delà de la barrière, est également quantitativement peu pratiquée.
Le
braconnage en scaphandre, grand pourvoyeur d'accidents à la Réunion, ne semble
pas exister à Mayotte.
La
plongée professionnelle est extrêmement ponctuelle. Les derniers travaux
sous-marins effectués ont été ceux de l'aménagement du port en eaux
profondes de Longoni en 1992. Le travail en milieu hyperbare à Mayotte est également
soumis aux textes réglementaires français.
b)
Les conditions de plongée loisir
De
la terre vers le large, plusieurs types de milieux se succèdent dans le lagon
mahorais.
Les
récifs frangeants: d'une longueur totale de 180 km et d'une largeur moyenne
de 300 m, ils sont constitués de platiers récifaux, souvent non dégradés,
et d'herbiers de faible profondeur (inférieure à 10 mètres).
La
partie centrale du lagon: elle est parsemée des nombreux récifs coralliens
et de "patates".
La
pente interne de la barrière: elle est caractérisée par la présence de
nombreux pâtés coralliens où éponges et coraux mous prolifèrent.
La
pente externe de la barrière: elle est dotée d'éperons riches en coraux
branchus ou de grands tombants. L'eau y est particulièrement claire et la
rencontre de gros pélagiques y est fréquente.
Les
passes: d'une profondeur de 60 à 80 m, les courants peuvent y être
puissants lors des périodes de grandes marées.
Mayotte
dispose de deux réserves marines : la réserve intégrale de pêche de
Longogori, dite de "la Passe en S", et le parc marin et terrestre de
Saziley. Créées respectivement en 1990 et 1991, ces deux réserves situées à
l'est de l'île occupent une superficie de 13,2 et 21,5 km2, soit un
peu plus de 2% du lagon.
Afin
de préserver les fonds coralliens, les principaux sites de plongée du lagon
sont équipés de bouées d'amarrage. L'ancrage est strictement interdit dans
les 2 réserves marines.
La
plongée dans le lagon s'effectue le plus souvent dans des conditions idéales.
La température moyenne de l'eau varie, selon la saison de 24° à 30°C. La
turbidité de l'eau est en général très faible. La barrière récifale protège
l'intérieur du lagon de la houle du large. Les vents, et donc le clapot, sont
modérés. Hormis dans les passes, le courant est quasi nul.
La
richesse de la vie sous-marine sur les platiers, les "patates" et le
long des tombants permet d'effectuer de très belles plongées à des
profondeurs raisonnables (10 à 20 mètres).
Il
n'y a pas d'épaves à explorer à Mayotte. Les grands prédateurs (grands
requins…) restent à l'extérieur de la barrière.
Toutes
ses caractéristiques font que la plupart des plongées se font à Mayotte dans
des conditions favorables de sécurité.
3.
La prise en charge des accidents
de plongée à Mayotte en 2001
a)
La prise en charge pré-hospitalière
Les
textes de loi régissant la plongée de loisir et professionnelle en métropole
sont applicables à Mayotte. Il en est de même pour les textes relatifs à la sécurité
des navires. Des contrôles réguliers sont maintenant effectués par les
services concernés : Gendarmerie Nationale, Affaires maritimes, Direction de la
Jeunesse et des Sports…
Les
embarcations des clubs de plongée de Mayotte sont donc équipées du matériel
d'assistance et de secours aux plongeurs prévu par l'arrêté du 22 juin 1998,
ainsi que du matériel de sécurité exigé par les textes relatifs à la sécurité
des navires.
En
l'absence d'un réseau de téléphonie mobile, l'alerte des secours était faite
à partir d'émetteurs VHF, mais sans réelle veille de sécurité permanente à
terre, de type canal 16. La mise en place progressive de la téléphonie mobile
à Mayotte depuis le début de l'année 2001 permettra une amélioration notable
des communications avec les secours à terre.
b)
Le transfert vers l'hôpital
Il
n'existe pas à Mayotte de service d'assistance médicalisée de type SAMU ou
SMUR, ni de centre régulateur des urgences du type Centre 15.
Les
transports sanitaires vers le Centre Hospitalier de Mamoudzou ne sont que très
rarement médicalisés et peuvent être effectués par les ambulances des
Sapeurs-Pompiers ou des dispensaires.
Les
Sapeurs-Pompiers du Service Départemental
d'Incendie et de Secours (SDIS) réceptionnent les appels du 18 de toute l'île,
mais leur compétence d'intervention sur place est limitée, faute de moyens
suffisants, à une zone géographique limitée à un rayon d'une dizaine de
kilomètres autour de Mamoudzou et à Petite terre. Ils disposent d'ambulances
de type VSAB équipées de matériel d'oxygénothérapie normobare. L'effectif
du SDIS ne comporte pas de médecin, ni d'unité de secours en mer.
Les
dispensaires ruraux gérés par la
DASS de Mayotte, implantés dans chaque commune de l'île, disposent chacun
d'une ambulance équipée de matériel d'oxygénothérapie. Ces ambulances
peuvent, sur demande du SDIS ou du médecin responsable du dispensaire,
effectuer des transferts vers l'hôpital de Mamoudzou. Les dispensaires ne sont
pas équipés pour recevoir des accidents de plongée graves nécessitant une réanimation
cardio-respiratoire intensive. Ces transferts ne peuvent pas toujours être médicalisés
du fait de la faiblesse de la densité médicale en zone rurale (un médecin
pour des communes de 5000 à 8000 habitants). Les chauffeurs-ambulanciers de la
DASS ne sont pas encore tous titulaires de la qualification d'ambulancier.
Il
n'y a pas de possibilité d'évacuation héliportée à Mayotte.
c)
La prise en charge hospitalière
L'accueil
des urgences est assuré par le Centre Hospitalier de Mamoudzou qui dispose d'un
service des urgences et d'un service de réanimation médicale polyvalente (13
lits). Le service de radiologie est équipé d'appareil de tomodensitométrie
corps entier (absence d'IRM).
Il
n'y a pas de caisson de recompression à Mayotte. Les victimes d'un accident de
plongée nécessitant un traitement par oxygénothérapie hyperbare (OHB) sont
transférées au Centre Hospitalier de Saint-Pierre de la Réunion.
Dans
l'attente de leur évacuation vers l'hôpital de Saint-Pierre, les patients
victimes d'un accident grave de plongée sont pris en charge par le service de réanimation
de l'hôpital de Mamoudzou. Ils reçoivent, en sus des soins non spécifiques
aux accidents de plongée, un traitement associant :
une
oxygénothérapie normobare au masque,
un
remplissage vasculaire,
l'administration
IV de vasodilatateurs et de corticoïdes,
l'administration
SC d'héparine de bas poids moléculaire.
Les
évacuations, avec accompagnement médical, sont faites par avion sur les vols réguliers
du seul opérateur aérien assurant la liaison Mayotte-Réunion : Air Austral.
Il y a pour l'heure un vol quotidien pour Saint-Denis au départ de Pamandzi (Petite-Terre).
La durée du vol est de 2 heures. L'accidenté effectuera à la Réunion le
trajet de Saint-Denis à Saint-Pierre par voie terrestre.
Dans
des conditions idéales (accident le matin, vol sur la Réunion dans l'après-midi),
l'accidenté atteindra le caisson dans un délai d'une dizaine d'heure. En
pratique, tous les accidents de plongée survenus ces dernières années à
Mayotte ont été transférés, au plus tôt, le lendemain.
Si
la prise en charge initiale des accidents de plongée au niveau des clubs est
correcte du fait de la détention sur les embarcations du matériel d'assistance
et de secours aux plongeurs prévus par les textes réglementaires français, la
prise en charge médicale et hospitalière présente d'importantes
insuffisances. Les plus criantes sont :
la
faiblesse du système d'alerte,
l'absence
de service d'aide médicale urgente (SAMU, SMUR) et la faiblesse des
transports sanitaires rarement médicalisés,
l'absence
de caisson de recompression sur place et l'importance des délais nécessaires
pour atteindre le caisson le plus proche, compromettant l'efficacité de la
recompression thérapeutique.
4.
Les accidents de plongée graves
survenus à Mayotte de 1996 à 2001
L'équipement
des clubs en matériel de premiers secours et les ressources actuelles des
structures sanitaires de Mayotte (médecins libéraux, dispensaires et centre
hospitalier) permettent une prise en charge correcte des accidents bénins de
plongée.
En
moyenne chaque année 2 à 3 plongeurs sont hospitalisés 24 heures pour
surveillance après un incident de plongée : non-respect des procédures de décompression
après une plongée saturante ou troubles fonctionnels atypiques survenant après
une immersion. Aucun de ces incidents n'a évolué après une oxygénothérapie
normobare vers un accident de décompression avéré.
Les
barotraumatismes ORL nécessitant un avis spécialisé sont pris en charge par
l'oto-rhino-laryngologiste de l'hôpital de Mamoudzou, seul ORL exerçant à
Mayotte. Les examens para-cliniques spécifiques à cette spécialité sont
limités à l'audio-tympanométrie.
Durant
la période 1996-2001 (1er semestre) :
-
on ne déplore pas de décès au cours ou suite à une plongée en
scaphandre ;
-
un jeune mahorais pratiquant la chasse sous-marine en apnée est décédé
en immersion. L'examen externe du corps, en l'absence d'autopsie, a conclu à
une hémorragie cérébrale.
Pour
la plongée de loisir en scaphandre, on recense sur cette période 1996-2001 six
accidents sévères relevant d'une oxygénothérapie hyperbare (tableau 1).
Il
s'agit de 6 accidents de décompression (ADD) se répartissant en :
4
ADD de l'oreille interne,
1
ADD médullaire,
1
ADD ostéo-arthro-musculaire.
On
ne relève ni d'ADD cérébral ou pulmonaire, ni de surpression pulmonaire.
Quatre
de ces ADD ont été transférés à la Réunion à J1 de l'accident, un à J2 (bend
étiqueté tendinite dans un premier temps) et un à J5 (retard à la
consultation initiale puis au diagnostic pour un ADD vestibulaire).
Ce
dernier ADD vestibulaire ne présentait plus de troubles fonctionnels, ni
d'anomalies aux examens para-cliniques, à son arrivée au CH de St-Pierre. Il
n'a donc pas reçu de traitement hyperbare.
Parmi
les cinq ADD traités par OHB, deux accidents cochléo-vestibulaires
conservaient des séquelles à la fin du traitement :
surdité
de perception pour l'un,
persistance
de vertiges après 15 séances d'OHB pour l'autre.
Cette
série est trop faible numériquement pour retrouver une relation entre retard
à la mise en œuvre de l'OHB et fréquence des séquelles; relation unanimement
reconnue par la communauté scientifique hyperbariste.
Tableau
1. Les accidents de plongée graves
survenus à Mayotte et transférés à la Réunion
|
cas n° |
1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 |
| date | juin 1996 | janvier 1998 | juillet 1998 | février 1999 | mai 2000 | mars 2001 |
| sexe | M | M | F | F | M | M |
| âge | 60 | 53 | 32 | 42 | 49 | 33 |
| licence FFESSM | oui | non | oui | oui | non | non |
| structure | club | hors club | hors club | club | hors club | prof (MN) |
| niveau de plongée | niveau 3 | ? | niveau 1 | MF 1 | 0 | plongeur de bord |
| profondeur | 67 | 40 | 25 | 38 | 6 | 28 |
| durée | 30 | 12° | 42 | 28 | 40 | 22 |
| paliers faits | 15' à 3 m | 3' à 12 m | 3' à 3 m | 33' à 5 m | 0 | 4' à 3 m |
| paliers MN90 | hors tables | 2' à 6 m 19' à 3 m |
10' à 3 m | 3' à 6 m 24' à 3 m |
0 | 2' à 3 m |
| ordinateur | oui | oui | non | oui | non | oui |
| nature de l'accident | ADD vestibulaire | ADD médullaire | ADD cochléo-vestibulaire G | bend cheville | ADD cochléo-vestibulaire D | ADD cochléo-vestibulaire D |
| problèmes de procédures | peu de paliers plongée saturante ++ |
plongée "yo-yo" |
||||
| facteurs favorisants | successive fatigue 2 plongées/jour pdt 1 semaine |
"léchage" médullaire 1 mois auparavant (non exploré) | nuit courte alcoolisation stress ATCD chir ortho |
ATCD : baisse des aigus de l'OD (trauma sonores prof) | nuit courte (3h de sommeil) |
|
| aspirine (pré-hosp) |
non | oui | 500 mg | oui | non | 1000 mg |
| oxygène (pré-hosp) |
non | non | non | oui | non | oui |
| nombre de séances d'OHB | 0* | 9 | 5 | 2 | 7 | 15 |
| durée de l'hospitalisation | 0 | 11 | 7 | 1 | 7 | 5 |
| séquelles | non | non | oui (surdité) | non | non | oui (vestib.) |
* : disparition des troubles à l'admission au CH de St-Pierre
(à J5 de l'accident)
¤
: remontée lente (arrêts 10' à 30 m et 10' à 20 m, durée
totale de l'immersion: 42' )
L'âge
moyen des accidentés est assez élevé (45 ans).
L'analyse
des conditions de déroulement de ces plongées retrouve pour chacune d'elles un
ou plusieurs facteurs de risque d'accident (tableau 2).
Cinq
des six plongées sont à l'extérieur de la courbe de sécurité MN 90, dont
une est hors tables (plongée successive à 67 mètres).
Un
des plongeurs, non équipé d'un ordinateur, n'a pas respecté la durée du
palier indiqué par la table MN 90 (après une plongée de profil anormal type
"yo-yo").
Trois
des plongeurs présentaient un antécédent médical pouvant favoriser
l'accident observé :
"léchage"
médullaire non exploré un mois auparavant / ADD médullaire,
déficit
audiométrique par traumatismes sonores professionnels / ADD cochléo-vestibulaire,
3
interventions chirurgicales de la cheville / ADD ostéo-articulaire.
Pour
l'un des accidents, on ne retrouve qu'une mauvaise condition physique : nuit
courte (plongée peu saturante avec respect allégué des indications d'un
ordinateur).
Tableau
2. Analyse des facteurs de risques
|
cas n° |
1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 |
| formation à la plongée | niveau 3 | 0 | niveau 1 | MF1 | 0 | plongeur professionnel |
| plongée dans la courbe de sécurité MN90 |
non (hors tables) |
non | non | non | oui | non |
| ordinateur | oui | oui | non | oui | non | oui |
| respect paliers MN90 (plongée sans ordinateur) |
- | - | non | - | pas de palier |
- |
| respect (allégué) des paliers préconisés par l'ordinateur |
oui | oui | - | oui | - | oui |
| problèmes de procédure | hors procédures |
non | oui (yo-yo) |
non | non | non |
| facteurs favorisants | oui | oui | non | oui | oui | oui |
| existence d'un ou
plusieurs facteurs de risque |
oui | oui | oui | oui | oui | oui |
Plusieurs
mesures, envisageables à plus ou moins long terme, permettraient une amélioration
des différents temps de la prise en charge des accidents de plongée à
Mayotte. L'objectif étant à terme de respecter les recommandations de la 2ème
conférence européenne de consensus sur le traitement des accidents de décompression
de la plongée de loisir (Marseille, 1996) qui sont, entre autres:
la
disponibilité d'oxygène sur le lieu de plongée,
la
présence d'une chambre de recompression accessible dans un délai de une à
quatre heures,
l'élaboration
d'un plan de secours et d'évacuation avant toute plongée.
a)
Amélioration de la prise en charge pré-hospitalière
Actuellement
le point faible de ce temps dans la prise en charge d'un accident de plongée
est, en l'absence d'un centre de veille VHF de type canal 16, l'alerte des
secours à terre.
L'installation,
en cours, d'un réseau de téléphonie mobile à Mayotte permettra très
prochainement d'éliminer ce problème. Les personnes ayant à leur bord un
accidenté pourront alors prévenir le SDIS ou le dispensaire le plus proche
afin de préparer un accueil à terre, selon un plan de secours à établir.
Mayotte
n'est pas rattachée à un comité régional de la FFESSM, mais dépend
directement du comité directeur national. Pour ce qui est des aspects médicaux,
l'île est rattachée à la commission nationale médicale et de prévention. L'éloignement
nuit à l'efficacité de ces structures sur l'île.
La
création à Mayotte d'un comité régional et d'une commission médicale régionale
contribuerait à l'amélioration de la prise en charge pré-hospitalière des
accidents. Cette commission médicale pourrait :
sensibiliser,
et si besoin, assurer la mise à niveau des moniteurs et dirigeants de club
à la prise en charge des accidents,
participer
à l'élaboration d'un plan de secours et d'évacuation,
promouvoir
l'équipement des clubs en une trousse d'urgence plus "étoffée"
que celle prévue par l'arrêté du 22 juin 1998, comme cela a été fait à
la Réunion.
b)
Amélioration des conditions de transfert vers l'hôpital
Par
manque de moyens humains et matériels, l'envoi d'un véhicule sanitaire équipé
d'oxygénothérapie normobare sur les lieux d'un accident ne peut pas être
assuré systématiquement. Il est encore plus difficile d'envoyer un médecin
sur place.
Dans
les années à venir le SDIS devrait pouvoir intervenir sur l'ensemble de l'île,
l'augmentation progressive de son parc ambulancier et de ses effectifs humains
est programmée.
L'amélioration
de la prise en charge des urgences par le Centre hospitalier a été retenue
comme un des axes prioritaires du Schéma Territorial d'Organisation Sanitaire
(STOS) 2000-2005 de Mayotte par l'Agence Régionale d'Hospitalisation Réunion-Mayotte.
c)
Amélioration de la prise en charge hospitalière
L'accès
à un caisson dans un délai de une à quatre heures ne pourra être obtenu
qu'avec l'installation de cet équipement sur l'île.
Au
vu de l'important déficit de l'offre de soins à Mayotte, l'ouverture au sein
du Centre hospitalier de Mayotte d'une chambre hyperbare n'est pas actuellement,
à juste titre, considérée comme une priorité par les autorités sanitaires
locales.
Très
prochainement la construction d'un deuxième quai du port en eaux profondes de
Longoni nécessitera la présence sur le site d'un caisson de secours pour les
plongeurs professionnels chargés des travaux. A l'instar de ce qui se passa à
la Réunion en 1982, le rachat éventuel de ce caisson à la fin des travaux
permettra peut-être d'équiper l'hôpital de Mamoudzou à un coût compatible
avec les possibilités financières de cet établissement.
date de mise en ligne : 10/3/2002
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