CHOIX DU MATERIEL
POUR LA PLONGEE ENFANT
Extrait de : "La plongée sous-marine et les enfants", mémoire pour le Diplôme InterUniversitaire de Médecine Hyperbare et Subaquatique.
Docteur Christine BONNAT
15 février 2000
PLAN :
L'embout du tuba doit être de petite taille, facile à tenir par l'enfant, il ne doit pas blesser les gencives et les culs-de-sac labiaux. On préférera un embout en silicone ou en latex (attention aux allergies) plus souple que le caoutchouc noir.
Le volume interne
du tuba doit être adapté aux capacités pulmonaires, ce qui implique un diamètre
et une longueur adéquats.
Une étude de la littérature révèle que les volumes internes
conseillés vont de 50 ml à 7 ans, à 100 ml à 12 ans pour le volume minimal, le
calcul étant lié aux valeurs de la capacité vitale moyenne prédite.
En reprenant les études sur les paramètres d'exploration
fonctionnelle respiratoire (EFR) chez l'enfant faites par Zappletal (1969) et
plus récemment par Tessier (1980), il ressort que la CV et surtout les débits
expiratoires à 25 % et 50 % (DEM 25 %, DEM 50 %) de la CVF (Capacité Vitale
Forcée) sont dépendants de la taille avec un facteur de régression exponentiel
(seulement après 3 ans 1/2 soit 100 cm).
Si on étudie les variations du volume interne du tuba en fonction du VEMS
(volume expiratoire maximal seconde), on s'aperçoit qu'à de très faibles
inflexions près, il s’agit d'une droite. On peut donc calculer le volume interne
du tuba directement à partir de la taille, les courbes obtenues étant tout à
fait superposables aux itinéraires staturaux de croissance.

Rapports volume interne du tuba et âge-taille de l’enfant.
Il est à noter que
le diamètre interne du tuba a une importance considérable, car il conditionne
l'expulsion de l'eau lors du retour en surface, ce diamètre doit être adapté à
la CV et plus particulièrement au VEMS. Il variera de 13 mm en dessous de 110 cm
de taille à 15 mm jusqu'à 139 cm et 17 mm au-delà de 140 cm de taille.
En fait l'idéal pour adapter exactement la longueur du tuba
est de pratiquer une EFR qui permet de dépister d'éventuelles anomalies occultes
principalement sur les débits, et de déterminer le volume courant, l'espace mort
interposé ne doit pas dépasser 20 % de ce volume courant.
Au total, il ne faut pas augmenter l'espace mort qui engendre
essoufflement et surpression par un tuba de trop grand volume.
En pratique l'enfant sait apprécier la différence de confort
d'un tuba à l'autre et rejettera immédiatement un tuba trop grand ou de trop
grand diamètre.
Impérativement, le détendeur doit être à deux étages, avec si possible un réglage de la dépression d'aspiration, car chez l'enfant il est important que l'air arrive facilement. Les embouts des détendeurs sont parfois mal adaptés à l'anatomie de l'enfant et lui blessent les culs-de-sac labiaux ou les freins médians. L'embout en silicone sera préféré.

Plus récemment sont apparus des embouts thermoformables confectionnés sur modèle en plâtre ou directement en bouche qui permettent une meilleure adaptation de l'embout par rapport à l'articulé dentaire et augmente aussi le confort de tenue en bouche. Certaines marques ont mises sur le marché des embouts orthodontiques privilégiant l'appui palatin plutôt que dentaire.

La crainte de la contamination par les virus du sida ou des hépatites, par le bacille de Koch est apparue. Nombreux sont les plongeurs (et parmi eux des médecins) qui ont envisagé la possibilité d'un risque de transmission par l'intermédiaire des embouts buccaux lors des échanges de détendeurs. Si aucune étude sérieuse n'a apporté de preuves concrètes à ce jour dans ce sens, la plus grande prudence doit être de rigueur. Il convient donc d'encourager les plongeurs à se faire vacciner contre l'hépatite B et la tuberculose, à utiliser un détendeur personnel et un deuxième détendeur servant exclusivement à palier la panne d'air d'un compagnon de plongée. Dans les clubs où le matériel est utilisé de façon intensive, on peut proposer la désinfection du matériel par l’eau de javel dilué ou par “Esculas” (rivadis).
Venant de la bouteille du moniteur avec un tuyau allongé qui est simplement une double sortie prolongée, il sera sans inconvénient.
Seul compte le deuxième étage du détendeur : il n'y a pas augmentation de l'espace mort, donc pas d'inconvénient comme avec le tuba puisque le deuxième étage est dans la bouche.
De plus ce tuyau fait office de «cordon ombilical», ce qui est très sécurisant pour l'enfant.
Elle sera de préférence élastique et à godets, pour mieux adapter la pesée. Elastique, elle ne glissera pas et permettra de bien accrocher la sous-cutale.
Les bouteilles seront de préférence légères et de petites tailles avec “back-pack” qui permet de mieux les porter et de les caler dans le dos. Elles ne doivent pas descendre plus bas que les fesses.
moins de 8 ans : contenance de 2 litres, poids 4 kg ;
de 8 à 12 ans : contenance 4 litres, poids 7 kg ;
de 12 à 15 ans : contenance 10 litres, poids 13 kg ;
de 14 à 17 ans : contenance 12 litres, poids 18 kg.
Pour simplifier les gestes, on choisira des visseries sans réserve avec un manomètre immergeable qui permet à l'enfant de surveiller la pression et présente alors une valeur pédagogique.
Elles seront légères, flottantes et bien adaptées. L'idéal est une palme chaussante qui adhère au pied et ne comprime pas les extrémités. Cependant, si cette solution est onéreuse pour le particulier car il faut envisager un changement fréquent de matériel, on peut alors envisager des palmes non chaussantes avec des fixe palmes.
Des palmes trop lourdes ou trop longues augmentent l'effort et peuvent être à l'origine de tendinite (cheville, genou).
Il doit être adapté au visage : classiquement la largeur du masque doit être égale à la distance inter temporale, soit entre 10 et 13 cm. On fera le test classique du masque qui doit coller au visage en inspirant par le nez.
Il doit avoir un « nez » séparé, facile à saisir pour réaliser correctement les manoeuvres d'équilibration des tympans.
Il doit avoir une bride dédoublée à l'arrière permettant une meilleure tenue sur une petite tête.
Un masque translucide est plus sécurisant, car il atténue l'effet de tunnel dû au manque de vision latérale. Son volume est indifférent.
Il est nécessaire d'avoir une combinaison enfant bien ajustée, épaisse, avec cagoule attenante protégeant bien la nuque pour l'isoler du froid. L'eau ne doit pas circuler entre la peau et la combinaison. Le gilet avec culotte incorporée est une solution intermédiaire à envisager seulement en région très chaude, car la déperdition calorique est très importante au niveau des membres chez l'enfant (mais ce gilet est possible en piscine). L'épaisseur ne devra pas être inférieure à 5 mm.
Les bottillons ou les chaussettes en néoprène sont indispensables pour lutter contre le froid, les blessures des talons.
Les gants sont utiles. On préférera des moufles car elles assurent une meilleure protection contre le froid et permettent de changer moins souvent de taille.
BONNIN J.P., GRIMAUD C., HAPPEY J.C., STRUB J.M.- La plongée sous-marine sportive. Masson, 1992.
CORRIOL J., VANUXEM P., GARRON J.- Remarque sur la physiologie des détendeurs, Med. Sport, 1977. 51, 5 : 286-295.
DELBAR P., LAMENDIN H. - Enquête à propos de la personnalisation d’embouts intra-buccaux dans la plongée sub-aquatique. Chir. Dent. de France. 1985. 316 : 55-57.
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date de mise en ligne : 26/9/2002
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