PSYCHOLOGIE DE L'ENFANT FACE A LA PLONGÉE
Extrait de : "La plongée sous-marine et les enfants", mémoire pour le Diplôme InterUniversitaire de Médecine Hyperbare et Subaquatique.
Docteur Christine BONNAT
15 février 2000
PLAN :
(8,
23, 32, 76, 77)
L’eau
est employée dans toutes les cultures et sans doute depuis des temps immémoriaux
à des fins thérapeutiques issues d’une connaissance empirique. L’eau est
thérapeutiques du corps, de l’esprit et de l’âme. De nos jours, on
pratique de nombreuses techniques hydrothérapiques. Et si la composition
chimique de l’eau et de ses sels est mise en avant de manière fort peu
convaincante, on néglige l’élément eau et le très puissant impact de ses
symboles sur l'état émotionnel, donc sur la santé des humains. Il ressort de
ces différentes techniques qu’elles sont avant tout parcours individuel, au
delà des domaines thérapeutiques (donc pathologiques) et s’appliquent fort
pertinemment à la plongée enfant.
DÉVELOPPEMENT
DE L’INTELLIGENCE
Théorie
cognitive de Piaget
L'adaptation
au milieu se fait selon deux mécanismes :
l'assimilation
: intégration des données de l'expérience dans les structures propres de
l'individu, grâce aux “schèmes d’action” (unités comportementales
élémentaires qui permettent à l’individu d’entrer en relation avec le
monde extérieur).
l'accommodation
: modification des “schèmes d'action” en fonction des données extérieures
(action du milieu sur l'individu).
Le
développement de l'intelligence passe par des stades regroupés en trois périodes
principales :
La
période sensori-motrice (jusqu'à 2 ans) :
Intelligence
empirique, concrète, fondée sur des schèmes moteurs et des activités
perceptives qui s'enrichissent mutuellement. Elle comprend 6 stades au terme
desquels l'enfant acquiert la notion de permanence de l'objet : l'objet
existe en dehors de la perception.
La
période préopératoire (2 à 6 ans) :
L'enfant
se détache de la perception immédiate, peut différer l'action et accède
à la fonction symbolique : capacité de représenter quelque chose par
autre chose (objet, signe). La pensée devient intuitive (pas de notion de
conservation des volumes : l'enfant se fie à la hauteur du niveau liquide
dans un récipient).
Période
des opérations concrètes (7 à 12 ans) :
Accession
au raisonnement logique mais concret (notion d'invariants : réversibilité
d'une opération, conservation des mesures : classification des objets. Décentration
de l'enfant par rapport à son propre point de vue et acceptation de celui
des autres.
Période
des opérations formelles (à partir de 12 ans) :
Accession
au raisonnement hypothético-déductif. Maniement de concepts abstraits.
Théorie
de Wallon
Basée
sur un double axe de référence : l'axe de l'affectivité-émotivité et l'axe
de l'équilibre tonico-moteur.
Notion de dialogue tonique : échange préverbal entre l'enfant et l'entourage.
Wallon définit plusieurs stades :
impulsif
(nouveau-né : réponses réflexes, émotionnelles, 2e semestre : l'enfant réclame
des apports affectifs, sensori-moteur, 3e semestre : apprentissage de la
marche et du langage),
"projectif'
(2 ans : représentation des objets au travers des actions exercées sur
eux),
personnalisme
(jusqu'à 5 ans : développement de la conscience de soi)
personnalité
polyvalente (après 6 ans : capacité de changer de rôle en fonction des
situations).
La
notion de temps et la latéralité ne sont pas acquises avant 6 ans.
Un autre point important est la labilité de l'attention de l'enfant avant 12
ans.
TECHNIQUES
PÉDAGOGIQUES
La
plongée s'effectue dans un milieu à quatre dimensions : Longueur - largeur -
profondeur - temps. Intégrer ces quatre dimensions est difficile pour un enfant
et doit se faire progressivement.
Dans ce milieu, le langage verbal n'existe pas (il est remplacé par un langage
gestuel qui nécessite un apprentissage) et ce manque peut devenir source
d'angoisse.
L’enfant va passer progressivement du mimétisme (copie sans critique) à une
pensée logique (copie avec critique). Cela veut dire que l'enseignement sera
plus axé vers l'imitation des gestes que vers leur explication.
Il ressort que le système pédagogique de progression proposé aux adultes
(acquisition de niveau 1, 2, 3, 4,...) ne parait pas pertinent pour l'enfant.
Plus
l'enfant est jeune, plus les activités devront varier et plus l'aspect ludique
est important. L'enseignement doit revêtir une forme attrayante et procurer du
plaisir. L’eau offre une aire de jeu quasi illimitée. C'est à l'enseignant
de savoir varier les jeux pour éliminer les situations d'échec.
L’adulte
encadrant est amené à développer une attitude éducative permettant la
construction du cadre de la relation à son élève.
L’analyse
transactionnelle
peut apporter ici un support précieux, permettant à l’adulte d’offrir le
cadre “des 3 P” : Protection, Permission, Puissance.
Le
pôle protection
nous renvoie à la fonction symbolique maternelle. La sécurité physique doit
être assurée en premier lieu. Cette sécurité physique comporte des aménagements
matériels ou humains et aussi un regard qui n'oublie personne, ni en surface ni
en profondeur.
Cette attitude du responsable doit également être porteuse d'une sécurité émotionnelle
en manifestant le non jugement, l'acceptation inconditionnelle de la manière
qu'a l'autre d'appréhender, d'explorer la situation proposée.
Le
pôle permission
nous renvoie à la fonction symbolique paternelle. C'est une permission que l'on
donne. Ce pôle se présente toujours sous la forme de proposition, non
d'exigence. C'est la possibilité de prendre des risques, de sortir du monde du
connu, d'aller voir ailleurs. Du familier vers l'étranger. Cette prise de
risque doit être aménagée afin de proposer simultanément différents
niveaux, d'ouvrir un chemin évolutif, comme une échelle dont les barreaux
seraient des peurs.
Le responsable doit être vigilant en ce qui concerne sa maladresse : dans
l'histoire de nombre d'individus, l'eau est liée à des expériences
traumatiques. La plus grande et la plus fréquente maladresse pédagogique
consiste à reproduire des situations traumatiques analogues confortant la
personne dans son comportement défensif et sa tension psychique.
Les permissions essentielles seraient au total :
pouvoir
choisir de participer ou non. Seul le désir de l’enfant doit être moteur
de cette évolution, sans oublier que la demande tue le désir. C'est
pourquoi il est nécessaire d'éviter de pousser l'autre au progrès, de lui
fournir la prothèse de notre propre désir. La finalité de cette démarche
stratégique est en fin de compte de permettre à l'autre de retrouver la
dynamique de son désir propre. Peut-être est-ce le plus problématique en
plongée enfant : de quel désir s’agit-il ? Celui de l’enfant ou de ses
parents ?
pouvoir
agir : la situation doit être accessible à tous.
pouvoir
expérimenter, considéré comme un élargissement ou un enrichissement de
la connaissance, du savoir, des aptitudes. La situation doit permettre à
chacun de chercher ses propres solutions, de faire des essais, et non de se
couler dans un modèle pré-établi ;
pouvoir
évoluer : les niveaux de pratique proposés permettent une évolution pour
chaque individu. Cette possibilité d'évolution est proposée par la
structure de chaque situation mise en place et par l'enchaînement des
situations. Un enchaînement qui se veut de type inclusif, chaque situation
faisant appel aux acquis précédents par rapport à un même thème.
Le
pôle puissance est
celui de l'intégration, de la reconnaissance de ce qui a eu lieu. A un premier
niveau, c'est se reconnaître capable d’admettre la valeur de ce que l'on est,
de ce que l'on fait. Se reconnaître une puissance réelle, incarnée, quasiment
mesurable, qui sort donc de l'illusion infantile de toute-puissance. Pour cela,
l’enfant a besoin d'un regard miroir. Le regard du moniteur ou ceux des autres
enfants deviennent le témoignage de ce qui s'est passé, des progrès
accomplis.
Ce pôle dépend essentiellement de l'aménagement des situations, qui doit
permettre à chacun un minimum de réussite, germe d'évolution. Ce pôle est
aussi la valorisation.
L’équilibre
de ces 3 P est propice à l’émergence du désir. Patience, confiance et
respect de la personne complètent l’attitude de l’adulte. Respecter une
personne, c'est faire confiance en son potentiel.
Ce
qui se vit dans l'eau n'est jamais psychiquement anodin, même lorsque nos
objectifs paraissent n'être que pur apprentissage.
L’ÉVALUATION
DE L’ACTIVITÉ PÉDAGOGIQUE
L’évaluation
de toute activité thérapeutique ou pédagogique se fait en deux temps :
un
premier centré sur l’action de l’adulte, sur la pose du cadre,
un
second centré sur le parcours, les acquis de l'enfant.
Pour
la première évaluation, il faut vérifier :
Le
respect de l'équilibre des 3 P : Avons-nous donné à chacun la possibilité
d'agir, d'expérimenter, de choisir, d'évoluer ?
Nos
objectifs étaient-ils clairs, bien formulés, compréhensibles par tous ?
Les
situations proposées étaient-elles cohérentes par rapport aux objectifs ?
C'est ce qui fait qu'une organisation est porteuse de sens ou non.
Comment
avons-nous aménagé l'espace ? Gestion du matériel et du temps.
Notre
attitude était-elle congruente avec la situation proposée et cette stratégie
d'ouverture d'espace ? Il s'agit donc de nous interroger sur notre
comportement et tous les messages verbaux et non verbaux émis.
Quantité
et intensité de "travail par individu" réellement proposées ?
Ce qui revient à se demander au service de qui est ouvert cet espace. On
peut créer une très belle organisation satisfaisant notre narcissisme,
nous mettant en valeur, un très beau gâteau en quelque sorte, dont on
n'offrirait qu'une petite miette à chacun des convives.
Qu'est-ce
que j'avais imaginé qu’il se passerait ? Et qu'est-ce qui s'est réellement
passé ? Mise à l'épreuve de la fluidité du responsable, de sa capacité
à être surpris, à s’adapter sans perdre l'équilibre, à se remettre en
question. La bonne intention ne suffit pas : ce qui est important, c'est de
savoir quels effets j'ai créés.
Le
deuxième type d'évaluation est centré sur l’enfant :
Elle
peut être prédictive : déterminer avec l’enfant ses objectifs. Si nous le
faisons sans lui, nous prenons le risque - et surtout nous le faisons prendre à
l'autre - de nous placer dans la dynamique du triangle dramatique et infernal :
nous persécuteur, l'autre victime, sauveur en attente et tournez manège.
Toujours très facile d'entrer dans cet enfer, très très difficile d'en sortir
lorsque les rôles sont bien établis.
Elle
peut être sommative : quels sont les éléments positifs acquis ? Elle peut se
faire seul, à deux, à plusieurs, le regard de l'autre favorisant une
validation. Ce type de bilan peut prendre des formes variées adaptées aux
capacités des enfants concernées.
Exemple
: un poisson en carton découpé, qu'il faudra recouvrir d'écailles au fil des
séances, chaque écaille symbolisant par un dessin un élément acquis.
Être
dans l'eau, c'est être un corps conscient de lui-même à savoir :
de
son enveloppe qui définit un dedans et un dehors (Moi-Peau
psychanalytique),
d'une
pesanteur qui n'est ici plus évidente et doit être quasiment traquée et
expérimentée dans l'intériorité du corps (poumon ballast),
d'un
équilibre à maintenir autour d'un centre de gravité devenu ultra discret,
d'une
motricité demandant une sensibilité toute nouvelle,
d'une
respiration qui pour n’être plus automatique et inconsciente retrouve sa
place de toute première fonction vitale et qui ne se laisse plus oublier.
Ce
corps neuf est à construire ou retrouver, ce qui n'est pas le plus simple. Il
s’agit de passer de la conscience d’avoir un corps à une représentation
mentale "être ce corps”.
Établir
une relation d'alliance avec l'eau, c'est aussi établir une relation d'alliance
avec son corps.
Aquaticité
ou fluidité ?
En
plongée on parle volontiers d’aquaticité et en hydrothérapie
de fluidité. L'indicateur de non fluidité est l'ensemble des gestes parasites,
inutiles, brusques, voire violents, que l'on observe couramment : jambes qui
s'agitent frénétiquement - et dangereusement pour l'entourage - hors de l'eau
lors de plongée, éclaboussures, remous, etc. Ce peut être amusant, rarement
esthétique, toujours inefficace. A l'opposé, quelqu'un se déplaçant sous
l'eau en harmonie avec elle nous fait éprouver un sentiment de
"beau". Les humains, quels que soient leur aspect terrestre et nos
critères esthétiques, deviennent beaux dans l'eau quand ils cessent de la
combattre.
Cette
fluidité à trouver se travaille autour de cinq grands thèmes : équilibre,
propulsion, respiration, exploration de la profondeur, entrées dans
l'eau.
L’équilibre
est d'emblée sollicité dès que l'on s'immerge. L'eau nous pousse, nous porte,
nous soulage des 9/10° de la masse de notre corps. Les appuis terrestres
disparaissent et, avec eux, l'efficacité de tous nos automatismes rééquilibrants.
Par ailleurs, l'équilibre est à chercher dans les trois dimensions de
l'espace, avec des appuis incertains.
Maîtriser l'équilibre dans l'eau oblige à un travail de toute notre
proprioception, ce qui exige de l'attention, de la présence dans toutes les
articulations simultanément.
La
propulsion se heurte à une résistance à la progression ayant pour conséquence
un ralentissement du geste. Par ailleurs, chaque action propulsive, si elle nous
meut, meut aussi le milieu : courants et contre-courants. Chacun de nos gestes
provoque un effet qui réagit sur notre geste...
La
respiration est la fonction clé d'accès à l'aisance aquatique. C'est par
excellence le siège de l'émotion, en prise avec notre capacité de contrôle
et de maîtrise, et ses conséquences neurovégétatives. Réduire sa
respiration a pour effet de diminuer la mobilité de tout le corps. C'est aussi
la manière la plus efficace de barrer la route aux sensations. Les pratiques méditatives
de toutes origines donnent une importance primordiale à la respiration. Il nous
suffit d'affirmer que notre manière de respirer - amplitude, rythme, conscience
- est en totale analogie avec notre manière d'être au monde. La peur de l'eau
est le plus souvent la peur de la suffocation, de l'asphyxie. Reconquérir ce
milieu, c'est faire la paix avec sa respiration, ce qui peut être long mais,
d'une manière surprenante, beaucoup plus rapide que sur terre.
L’exploration
de la profondeur implique d'immerger la tête, ce qui est lourd de signifiant :
quitter l'interface de la surface pour s'abandonner à la descente ! Là encore,
on peut descendre en force, alors qu'il est tellement plus aisé de se laisser
aller vers le fond.
L'entrée
dans l'eau : lorsque les quatre dynamiques précédentes sont suffisamment maîtrisées,
il est possible d'expérimenter des entrées dans l'eau variées et
enrichissantes sur tous les registres. Depuis l'immersion lente, progressive,
jusqu'au saut dans le vide, le plongeon - Terre, Air, Eau, Terre.
L'aisance
dans l'eau s'acquiert progressivement.
Plonger,
c'est avant tout se donner les moyens de remonter à l'air libre. C'est aussi un
moyen technique de découvrir le milieu aquatique. Ce n'est en aucun cas
l'expression de la performance sportive.
C-
EAU ET PSYCHÉ : AQUA-PSYCHANALYSE
(76,
77)
Aspect
symbolique de l’eau
L'eau,
signifiant, véhicule, instrument exprimant l'inconscient, la vérité propre de
celui-ci, lieu des motivations secrètes et inconnues...
L'eau, élément originel, d'avant le langage, permet la descente aux choses
d'en dessous, lieu des images fondatrices.
L'eau, source de toute vie, Féminin éternel, mère bonne et terrible, nourricière
et protectrice, menaçante et destructrice, réservoir de toutes les énergies
et les capacités de création.
La publicité le sait bien qui utilise sans compter notre relation inconsciente
à l'eau, véritable piège à symboles. Tout comme bon nombre d'expressions
populaires expriment sans ambiguïté sa substance psychique :
Se jeter à l'eau,
se mouiller,
toucher le fond,
prendre l'eau,
laisser couler,
manquer d'air,
boire la tasse,
être lessivé,
comme une serpillière,
se méfier de l'eau qui dort,
rire en cascade,
pleurer comme une fontaine,
calme comme un lac,
ça baigne,
comme des poissons dans l'eau,
etc.
Les
théorie de Winnicott, le plus aquatique des psychanalystes
Du
point de vue de la psyché individuelle, on peut assimiler la plongée à la
plongée du conscient dans l'inconscient.
Winnicott est inventeur des tout premiers stades du développement humain, cette
lente, douloureuse et aléatoire différenciation soi/non-soi, moi/non-moi,
illusion/désillusion, réalité intérieure/extérieure, qu'il s'agit de
maintenir à la fois séparées et reliées l'une à l'autre.
Pour
rester simple, considérons que l’individu admet comme un noyau d'être, le
self, sans lequel l'individu ne peut exister. Ce self "se constitue"
dans les six premiers mois de la vie, bien avant l'avènement d'un moi élaboré.
C’est une fondation de la personnalité qui va permettre d’assumer le
paradoxe d'une vie interne subjective et d'une réalité externe objective. Sont
nécessaires à l'intégration d'un self les notions de handling et de holding.
La mère existe pour le bébé à travers les soins qu’elle lui donne. Au tout
début, le nourrisson et les soins forment une unité.
Nous
savons que ces soins (handling et holding), lorsqu'ils sont défaillants,
peuvent engendrer "les agonies primitives".
Ce besoin de la mère et la peur de la perdre, qui hante toujours les tréfonds
de notre psychisme, sont réactivés dans l'eau sous une forme généralement
positive, c'est-à-dire apaisante. Par son portage et son toucher, l'eau joue
pour nous cette mère toujours là quand on a besoin d'elle, qui résiste à nos
affects destructeurs, qui peut être bue sans être détruite, qui n'exige rien
en échange.
L'eau
nous fait régresser à des stades antérieurs de développement qui
s'apparentent à des stades d'un moi non encore différencié.
L'hypothèse la plus répandue est celle d'une réminiscence de l'existence
intra-utérine, pendant laquelle nous ne faisions qu'un avec notre univers et
flottions réellement dans le liquide amniotique sans avoir pratiquement de
poids à porter. L'enfant in utero serait confondu avec la mère. Ensemble, ils
ne font qu'un dans cette origine.
Cette hypothèse est devenue une sorte de vérité en
soi. Le symbole de l'eau n'est plus évoqué qu'en référence à cette vie
intra-utérine et à la phylogenèse qui veut que toute vie soit née de l'eau.
Il ne s'agit plus ici de symbolisme, mais du plus pur matérialisme, un simple
principe de cause à effet qui fonde pourtant un grand nombre de pratiques thérapeutiques,
en particulier les pratiques de rebirthing ou de respiration holotropique.
Un facteur plus identifiable de régression est l'état de détente,
d'abaissement du tonus musculaire créé par l'immersion, surtout si l'eau est
tiède. Substance douce, enveloppante, protectrice, qui nous entoure tout
entier, nous pénètre intimement et qui va, quasiment à notre insu, relâcher
nos contractions défensives, laisser émerger les peurs, les conflits internes
qu'elles dissimulaient.
L'eau opère comme une mise à nu de la relation. Tout ce qui se dissimule
ailleurs devient évident dans l'eau.
Cette
vertu de l'eau est reconnue et utilisée depuis une grande décennie par les
groupes nommés à tort "bébés nageurs". Dans ces groupes, il est
davantage question de laisser s'établir des relations nouvelles entre parents
et enfants. Le bain devient un moment privilégié de jeu et de rencontre où
les parents apprennent à porter le bébé sans l'agripper, à le soutenir sans
le tenir, à le suivre sans le diriger.
Ce
que l'eau nous propose, c'est la restauration d'une confiance mutuelle.
8- BONNIN J.P., GRIMAUD C., HAPPEY J.C., STRUB J.M.- La plongée sous-marine
sportive. Masson, 1992.
23- DAILY R., FESSAR D., ROUDIL C. - Développement neuropsychique de l'enfant.
EMC 1972. G 10, 400 1.
32- DYE C. - Dessine moi ta plongée! Thèse Med., Aix- Marseille II, 1992.
76- WINNICOTT D.D. - Processus de maturation chez l’enfant. Payot, 1970.
77- WINNICOTT D.D. - Jeu et réalité. L’espace potentiel. Gallimard, 1990.
physiologie
en plongée chez l'enfant
réglementation de la plongée enfant
surveillance médicale de l'enfant plongeur
examen ORL de l'enfant plongeur
choix du matériel pour la plongée enfant
accidents de plongée chez l'enfant
date de mise en ligne : 3/2/2002
ASSOCIATION REUNIONNAISE DE MEDECINE SUBAQUATIQUE ET HYPERBARE
Siège social : Groupe Hospitalier Sud Réunion, BP 350, 97448 Saint-Pierre
cedex, Ile de la Réunion
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